samedi 8 août 2015

L'interview de Denis Lereffait

De rien, c’est un plaisir de converser avec les lecteurs de votre blog au travers de cette série de question, ainsi ils me connaitront un peu mieux.
C’est une passion qui m’a pris assez tôt, à 12 ans je m’essayais déjà à l’écriture d’un roman d’aventures et d’une pièce de théâtre en 3 actes librement inspirée de Ionesco. Par la suite je n’ai jamais cessé d’écrire, essentiellement pendant les vacances car mon activité professionnelle vampirisait toute mon énergie créative.
Moi et celle qui un jour deviendrait ma femme. Je ne me sentais pas prêt à entendre les critiques de ma famille ou de mes amis car j’étais conscient que mes romans étaient encore très perfectibles. Ces premiers romans m’ont surtout servi à progresser, trouver mon style créer des ambiances.
À écrire : Des romans purement de fiction, policiers ou historiques mais qui ont en commun la recherche d’une intrigue car j’aime par-dessus tout étonner mes lecteurs.
À lire : Encore de la SF, Roger Zelazny, Franck Herbert, Jack Vance mais aussi des genres très différents qui peuvent aller de Kant à Jean d’Ormesson en passant par des livres d’histoire, surtout ceux qui traitent du 1er Empire.
Mon processus créatif se déroule souvent inconsciemment durant la nuit, j’ai l’habitude de dire que le rêve paradoxale est ma meilleure source d’inspiration. Quand je bute sur un développement, je me réveille souvent avec la solution, chez moi l’expression la nuit porte conseil prend tout son sens.
Avant que je m’asseye pour écrire je me relaxe en écoutant de la musique classique, je laisse mon esprit vagabonder là où il veut, dans toutes les directions puis petit à petit il se recentre sur ce que je souhaite écrire et des phrases commencent à se former. Cette période prè-écriture peut durer de 15 minutes à 1 heure, voire plus, je laisse mon imagination faire et je ne le regrette jamais.

À la troisième personne. Je me suis essayé à la première personne mais je ne m’y sens pas à l’aise. Je prends conscience en répondant à cette interview que mes romans sont composés à part égal de héros et d’héroïnes.
Tout dépend du genre littéraire. Disons que comme je l’ai déjà dit dans des réponses précédentes, en SF Zelazny pour la série des Princes d’Ambre ou Vance pour la Geste des Princes Démons. D’Ormesson pour tous ces livres car j’adore son style, Onfray pour son talent de vulgariser et décrypter avec des mots simples ce que les autres prennent plaisir à rendre incompréhensible. Mais il y en a tant d’autres, j’aime tellement lire.
Pour rendre crédible un personnage il faut tout faire pour lui donner une âme, une histoire, un passé. Il en va de même pour les personnages fictifs comme pour les réels, le lecteur ne peut s’identifier à un personnage principal ou secondaire que s’il fait corps avec lui.
Pour ma part je créé mes personnages en tachant de suivre cette règle. J’essaye avant tout de comprendre sa psychologie, ses motivations, ses convictions. Si je ne trouve pas crédible l’un d’eux alors je le retravaille en profondeur. Je dois être le premier persuadé de son rôle dans mon histoire, si je n’y crois pas jamais le lecteur n’y croira à son tour.
Je vais être sincère, je n’écris pour personne en particulier, j’aime écrire des histoires, des intrigues, des énigmes, je crois que même si personne ne me lisais, je continuerai d’écrire jusqu’à mon dernier souffle.

Absolument, les négatifs sont les plus formateurs, on apprend de ses erreurs, même si ce n’est pas toujours plaisant à lire ou à entendre, ils vous font grandir. Il faut parfois apprendre à mettre son amour propre au fond de sa poche et son mouchoir par-dessus, les œillères vous conduisent toujours droit dans le mur.
Les positifs sont des encouragements à persévérer dans un monde ou les bons auteurs sont nombreux mais je fais attention à ne jamais m’enflammer sinon l’aveuglement produira les mêmes conséquences que les œillères.
Oui ma femme et mes deux filles sont toujours les premières à écouter mes projets d’écriture, elles essaient de rester objectives et n’hésitent pas à me dire quand je me trompe de direction.
Oui je suis très exigeant avec moi-même, je m’impose un minimum de quatre heures d’écriture par jour, mais comme c’est un vrai plaisir je ne le ressens pas comme une contrainte mais comme une chance car il est difficile de concilier la vie de famille et l’écriture si on n’est pas soutenu et compris par les siens.
Durant ces quatre heures je produits de 2 à 3 pages en New Times Roman 10, avec un maximum de 5 pages par jours car après la qualité se dilue très vite.
Soit de musique classique, soit du calme le plus absolu possible. C’est très paradoxale mais je fonction comme ça, c’est tout l’un ou tout l’autre.

Avant j’écrivais sur papier mais la frappe devenait vite fastidieuse, alors que je me sentais le besoin d’écrire je devais retaper mon texte à l’ordinateur, frustrant. Alors avec du mal mais je suis parvenu à écrire directement sur ordinateur, mine de rien j’ai gagné presque la moitié de mon temps. Par contre pour les corrections j’édite mes pages sur papier, je trouve ça plus confortable. Pour les corrections liées à la construction de mon histoire je laisse passer un minimum d’un mois sinon je ne suis pas assez objectif pour effectuer les modifications nécessaires. Ne pas hésiter à vous faire lire par une personne proche à condition d’être certain de son objectivité.
Une expérience très limitée, je n’ai pas envoyé de manuscrit à des maisons d’éditions, grandes ou petites avant de me sentir prêt, en fait avant d’être certain que c’était le moment car les refus pour cause de manque de préparation ou trop de précipitation sont souvent source de douleur, de déception.
J’ai envoyé le premier volume de la trilogie des aventures de Virginie de la Sablière à des maisons d’éditions dont je savais qu’elles ne m’éditeraient pas sans participation financière de ma part. Je ne cache pas que ce n’est pas donné, compter 3000 euros par volume, ce n’est pas rien. Mais pour moi c’était le prix à payer pour ensuite pouvoir présenter ma trilogie achevé à une « vrai » maison d’édition à compte d’éditeur et être crédible sur mon potentiel.
Aujourd’hui je suis fier et heureux d’avoir mené cette partie de projet à son terme, je viens de signer avec les Editions Rebelles pour 2 romans, une aventure qui je l’espère verra bien d’autres romans sortirent sous leur label.
Depuis quelques mois je travaille sur un roman qui devrait comprendre 5 volumes, un projet ambitieux mais comme les 3 premiers sont finis d’écrire, j’ai bon espoir de ne pas faiblir avant le terme. Sans trop en dire pour garder un peu de mystère, il s’agit d’un roman se déroulant dans un futur proche et dont les personnages principaux sont des jeunes garçons et filles de 17 à 22 ans.
Pour commencer je remercie le blog « un peu de lecture » pour m’avoir donné la parole et j’apprécie la démarche de donner la possibilité à des auteurs méconnus de l’être un peu moins.
Je voudrai aussi dire aux auteurs de ne jamais renoncer à écrire, le bonheur de la feuille blanche, objet de torture pour d’autres, c’est de l’émotion pure. Nous savons d’emblée que nous ne deviendrons pas tous célèbres, loin s’en faut, que nous ne vivrons pas tous de notre art, alors faites-vous plaisir avant toute chose et laissez le temps accomplir son œuvre.
C’est moi qui vous remercie.
https://www.facebook.com/denis.lereffait

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