mercredi 13 mai 2015

L'interview de Monia Sommer

 
Bonjour et merci d’accepter de répondre à ces quelques questions
Bonjour et merci à toi pour cette proposition d'interview !
Comment as-tu commencé à écrire? Qui te lisait au début ?
J'ai commencé à écrire assez jeune en fait. Tout d'abord sous la forme de petites nouvelles de quelques pages mettant en scène mes amis pour la plupart du temps, dans une situation du quotidien où surgissait un événement inattendu, fantastique. Je les gardais pour moi à cette époque. Je me suis ensuite tournée vers les RPG et la fan-fiction (principalement en lien avec Harry Potter) lorsque j'étais adolescente. C'est là que j'ai commencé à faire lire mes textes à un cercle d'amis. À partir de là j'ai eu envie de tenter d'écrire mes propres histoires, de créer mon univers.
Quel est ton genre favori ?
Je n'en ai pas vraiment un en particulier. J'aime le Fantastique, la Fantasy, la Science-Fiction etc.
Tout ce qui permet de s'évader du quotidien et de rêver un peu !
Quel est ton processus créatif ? Qu’arrive-t-il avant que tu ne t’asseyes à écrire ?
Je n'ai pas vraiment de processus particulier à vrai dire. Cela dépend beaucoup du manuscrit sur lequel je travaille.
Pour Galatéa, par exemple, j'ai fait énormément de recherches sur les planètes et leurs satellites, avant de créer les mondes, et sur les mythologies pour trouver des noms de personnages. À chaque fois que je décidais d'introduire un nouveau monde ou un nouveau personnage, je passais beaucoup de temps à rechercher des infos. Car, dans Galatéa, chaque prénom a son importance. Il en est de même pour les formules magiques en Kieli, la langue de la Magie, pour lesquelles je me suis inspirée du finnois. Cela demande beaucoup de temps pour que cela soit cohérent et il est essentiel de prévoir tout cela avant la phase d'écriture.
Il y a également le plan. Il faut savoir que ma saga Galatéa comptera quatre tomes. J'ai donc un plan général des quatre tomes qui est prêt depuis le départ (J'ai également rédigé les dernières pages du dernier tome au moment où j'écrivais le deuxième tome). Je me sers ensuite de ce plan général pour en faire des plans détaillés de chaque tome, que j'étoffe à mesure de mon avancée dans l'écriture. Ainsi, j'ai toujours un plan d'avance avant de me lancer. Actuellement je viens de terminer l'écriture du troisième tome et le plan du quatrième est déjà rédigé.
En ce moment, je travaille sur un nouveau manuscrit : une dystopie en un seul tome que j'ai nommée « Omerta ». Je procède de manière bien différente car cet univers est beaucoup plus « instinctif ». Beaucoup de lieux et d'évènements se passant dans cette histoire sont tirés de mes rêves. De ce fait, comme j'ai « vécu », si l'on peut dire cela ainsi, dans ce monde aux côtés de mes personnages et même à leur place parfois, tout est très clair pour moi. Je n'ai donc pas préparé grand chose avant de me lancer dans l'écriture, si ce n'est un plan découpant le roman en plusieurs grandes parties pour savoir tout de même où je vais. L'avantage c'est que, comme il est en un seul tome, je n'ai pas à me préoccuper de la suite cette fois !
Je ne sais pas si tout est clair et si j'ai bien répondu à la question. C'est vrai que ce n'est pas évident d'expliquer ce genre de choses, car chacun fonctionne à sa propre manière.
À quelle personne es-tu le plus à l’aise : à la première ou à la troisième personne ?
Sans hésiter : la première personne. J'ai testé les deux, comme j'ai testé les récits au passé et au présent. Pourquoi la première personne ? Tout simplement car, de mon point de vue, il est beaucoup plus simple de se mettre à la place du personnage ainsi. C'est vrai pour l'auteur et également pour le lecteur.
Quels écrivains admires-tu le plus ?
Il y en a beaucoup ! Spontanément je dirais J.R.R. Tolkien, pour le monde et la fabuleuse histoire qu'il a su créer à une époque où ce n'était vraiment pas courant.
Il y a également George R.R. Martin. L'univers de Game of Thrones est si complexe qu'on ne peut que l'admirer pour le travail titanesque que cela doit lui demander !
Sinon il y a aussi Bernard Werber, dont j'ai lu tous les livres. À chaque fois je suis impressionnée de voir à quel point il maîtrise ses sujets, allant jusqu'à partir à l'autre bout du monde pour vérifier ses théories par lui-même.
Qu’est-ce qui rend crédible un personnage ? Comment crées-tu les tiens ?
Pour qu'un personnage soit crédible, il faut qu'il semble vrai, réel. C'est à dire qu'il doit avoir des qualités, mais aussi et surtout des défauts. Il n'y a rien qui m'agace plus qu'un héros qui arrive sans peine à résoudre tous les problèmes, même si ceux-ci datent depuis X années, en un tour de main et sans même peiner ou se blesser. Un personnage doit avoir ses faiblesses et on doit constater son évolution au fil de l'histoire. S'il est déjà « parfait » au départ, à quoi serviront les aventures que l'auteur va lui faire vivre dans ce cas ? Il doit être « humain », avoir ses peurs, ses doutes, son caractère et des réactions qui lui sont propres.
Pour créer mes personnages, je m'inspire souvent de traits de caractère de personnes que je connais. Je mets, la plupart du temps, un peu de moi pour les personnages principaux (comme Galatéa et Galathée qui ont certains aspects de ma personnalité - à l'adolescence pour Galatéa et actuellement pour sa mère Galathée). Et enfin, pour les méchants... comment dire... je suppose que vous avez tous des personnes plus ou moins détestables dans votre entourage ou alors un ancien patron ou professeur qui vous terrorisait ? Voila une bonne source d'inspiration ! ;)
Au plus profond de ta motivation, pour qui écris-tu ?
En premier lieu je le fais pour moi. L'écriture est quelque chose dont j'ai besoin au quotidien. Pour évacuer toutes ces idées qui me hantent, mais aussi et surtout pour m'évader.
Il y a également mon mari, qui m'encourage depuis des années et qui a su me pousser à tenter la publication.
Puis il y a mon fils bien sûr ! Il n'a que trois ans et demi donc il ne peut pas encore lire mes histoires, mais il m'en entend tellement parler qu'il croit désormais que Galatéa existe et je pense qu'il est même un petit peu amoureux d'elle !
Je me dis qu'il pourra me lire dans quelques années et j'espère pouvoir le faire rêver à son tour.
Depuis la publication de mon premier roman, j'écris également pour mes lecteurs bien sûr. C'est tellement grisant de voir que votre univers a pu plaire à d'autres, de pouvoir échanger avec eux, de savoir qu'ils ont hâte de connaître la suite... je ne les remercierai jamais assez pour ça ! Alors oui, mes lecteurs sont une excellente source de motivation !
Les avis (négatifs ou positifs) des lecteurs te servent-ils ?
Bien sûr ! Il faut savoir qu'il est très difficile de voir ses propres défauts d'écriture et je pense qu'on en a tous. Les personnes de notre entourage sont rarement objectives et donc le lecteur est sans conteste le mieux placé pour donner son avis.
Je lis chaque avis et j'en prend note pour la suite.
Un avis positif donne une motivation supplémentaire mais permet aussi de savoir quels sont nos points forts aux yeux des lecteurs. Un avis négatif, s'il est constructif, permet de s'améliorer pour la suite.
Partages-tu tes projets d’écriture avec une personne de confiance afin d’avoir son opinion ?
En premier lieu je les partage avec mon mari. Je teste absolument toutes mes idées sur lui, le pauvre !
Du coup il connait parfois la fin d'une histoire avant même que je ne commence à l'écrire !
T’imposes-tu une discipline, en termes de calendrier, d’objectifs etc. ?
Lorsqu'il s'agit d'un roman sous contrat de publication, je m'impose un objectif précis. J'écris un peu tous les jours pour ne pas perdre le fil de l'histoire et ne pas risquer de m'arrêter trop longtemps. Je tente d'écrire ce roman en moins de six mois. C'est beaucoup plus facile à ce moment là car l'univers est déjà créé, la plupart des personnages également. Il n'y a qu'à poursuivre leur histoire. Seulement, pour ne rien oublier des tomes précédents et de ce que j'avais prévu, il faut beaucoup de rigueur.
Quand je me lance dans un nouveau roman, une nouvelle saga qui n'est pas encore sous contrat donc, je prends un peu plus de temps. Je n'écris pas forcément tous les jours car il est parfois difficile de démarrer un nouveau projet, mais je tente d'écrire au moins deux ou trois jours par semaine, minimum. Ou, si je vois que je n'avance vraiment pas, je travaille sur le plan, les recherches, les nouveaux personnages etc. Mais je ne reste jamais plus de quelques jours loin de mes différents projets !
De quoi t’entoures-tu quand tu écris pour favoriser ta concentration ?
La musique est quelque chose d'essentiel pour moi quand j'écris. Si je n'en écoute pas, il m'est impossible de me concentrer.
J'aime aussi avoir quelque chose à boire près de moi : un red bull à la myrtille ou une tasse de thé.
Écris-tu sur écran, imprimes-tu souvent, corriges-tu sur papier...? Quel processus suis-tu ?
La plupart du temps, j'écris sur mon ordinateur. Cela me permet d'avancer plus vite et d'éviter de perdre du temps en recopiant. Lorsque je suis un peu moins inspirée, je passe à l'écriture à la main. J'ai un carnet d'écriture par projet où je note mes idées ainsi que certains passages qui me viennent en tête, alors que je n'ai pas le temps d'écrire sur le moment. Parfois j'écris directement sur ces carnets et c'est magique, l'inspiration revient à chaque fois. Je ne sais pas pourquoi, mais le simple fait d'écrire à la main permet de me débloquer si je n'arrive pas à rédiger la moindre phrase à l'ordinateur.
Pour ce qui est de la correction, j'ai plusieurs étapes. Au départ je me concentre sur les fautes de frappe, les répétitions, bref tout ce qui est « passé à la trappe » alors que j'écrivais. Je fais une première relecture sur écran en me concentrant uniquement là-dessus. Ensuite j'utilise un logiciel (antidote) pour faire une ou deux autres corrections supplémentaires. Après cela, j'imprime le tout.
Une fois mon manuscrit imprimé, je me lance dans une relecture minutieuse en m'attaquant cette fois-ci à l'histoire et donc en réécrivant ce qui doit être réécrit, en modifiant ce qui doit être modifié. Je tape ensuite tous ces changements puis je relis le tout avant de faire une autre correction avec mon logiciel.
Après ces étapes, mon manuscrit va passer entre les mains de mes bêta-lectrices. En fonction de leurs retours, je vais faire une autre relecture avec d'autres corrections et modifications avant d'envoyer le tour à mon éditeur.
Une fois qu'il est entre les mains de l'équipe éditoriale, tout le reste se fait sur ordinateur : les différents échanges avec la ou les correctrice(s) et donc à chaque fois une nouvelle relecture et de nouvelles corrections, puis finalement l'ultime relecture avec le bon à tirer.
Quelle a été ton expérience avec les maisons d’édition ?
Avant de tenter l'aventure comme auteur, je faisais partie de plusieurs comités de lecture pour des maisons d'édition. J'étais également bêta-lectrice pour quelques auteurs. Cela m'a permis de connaître un peu mieux ce monde là, de savoir ce qui se passe « en coulisses ».
Le jour où j'ai décidé de tenter l'aventure de la recherche de maison d'édition pour mon premier roman, je savais donc à peu près à quoi m'attendre. Je ne me suis pas lancée à l'aveuglette. Et je dois dire que j'ai été assez chanceuse, car j'ai obtenu mon premier contrat assez rapidement avec les Éditions Valentina et j'en suis vraiment satisfaite !
Sur quel projet travailles-tu en ce moment ?
Comme je le disais plus haut, j'écris actuellement une dystopie en un seul tome. Le titre, pour l'instant, est Omerta. Je ne sais pas encore s'il changera. J'ai décidé de me lancer dans ce projet pour faire une pause avec Galatéa. J'ai enchaîné l'écriture des tomes 2 et 3 sans faire de pause et j'avais vraiment besoin de passer à autre chose, de souffler un peu avant d'écrire le final de cette saga.
Sinon j'ai pas mal d'autres projets en attente, tous dans des genres et des univers bien différents. J'attends d'avoir bouclé ma première saga pour m'y atteler !
Le dernier mot est pour toi…
Que dire de plus ? J'ai vraiment aimé répondre à cet interview. Ces questions sur l'écriture étaient bien sympathiques et ça change de ce qu'on demande habituellement.
J'en profite encore une fois pour remercier mes lecteurs ! Merci de me soutenir et d'être là tout simplement. L'aventure ne fait que commencer et si je peux la vivre, c'est aussi grâce à vous !
Merci de t’être livrée à moi et aux lecteurs (acquis ou en devenir)
Merci à toi, ce fut un plaisir ! 
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