mercredi 6 mai 2015

L'interview de Marie Fontaine

 
Bonjour et merci d’accepter de répondre à ces quelques questions
Bonjour, merci à toi de m’inviter sur ton blog pour partager quelques-uns de mes petits secrets de fabrication.
Comment as-tu commencé à écrire? Qui te lisait au début ?
L’écriture, chez moi, va de pair avec la lecture. Dès l’âge de 7, 8 ans, j’ai été subjuguée puis submergée par les livres. Je lisais tout ce qui me tombait sous la main. Et tout naturellement, je me suis mise à écrire de petites histoires, sans jamais me demander pourquoi je les écrivais. Pour moi, écrire était aussi normal que lire.
Au début, seules mes institutrices me lisaient. J’avais, d’après elles, une imagination débordante.
Quel est ton genre favori ?
Je n’ai pas de genre favori. Ni en lecture, ni en écriture. Tout mérite d’être exploré. Cela déstabilise peut-être certains de mes lecteurs, qui eux, préfèrent se cantonner à un seul genre, mais tant pis. Je les encourage vivement à s’ouvrir à la nouveauté. Personne n’est à l’abri d’une très bonne surprise.
Quel est ton processus créatif ? Qu’arrive-t-il avant que tu ne t’asseyes à écrire ?
Je suis très influencée par le cinéma. Au début, mes textes ne sont pas des mots mais des images, des scènes, des ambiances… Le film se déroule dans ma tête jour après jour, souvent pendant des semaines, des mois, avant que je ne me décide à me mettre au clavier pour lui donner vie avec mes mots. C’est là qu’être une grande lectrice m’aide beaucoup : au risque de faire grincer quelques dents, j’affirme que l’on ne peut pas écrire si l’on ne lit pas.
À quelle personne es-tu le plus à l’aise : à la première ou à la troisième personne ?
J’écris aussi bien avec l’une qu’avec l’autre. Ce n’est qu’une question de point de vue narratif ; omniscient, interne ou externe. On choisira l’un ou l’autre selon le degré d’identification et de complicité que l’on souhaite atteindre avec le lecteur. C’est purement technique ; un écrivain qui dit « je » ne se met pas forcément en scène dans son récit…
Quels écrivains admires-tu le plus ?
Il y en a tant… Les premiers qui me viennent à l’esprit sont John Steinbeck (pour sa capacité à émouvoir malgré une écriture dépouillée), Albert Camus (pour sa rage solaire), René Barjavel (pour l’indicible poésie de ses récits futuristes) et Guy de Maupassant (pour sa virtuosité dans le domaine de la nouvelle à chute).
Qu’est-ce qui rend crédible un personnage ? Comment crées-tu les tiens ?
Pour qu’un personnage soit crédible, à l’instar d’une personne réelle, il doit avoir un passé, un environnement, une façon de parler qui lui est propre, des petites manies, des points faibles… Pas besoin de le décrire physiquement en détail, souvent, un simple trait suffit pour lui donner de la chair et du sang. Les descriptions minutieuses d’un personnage relèvent, à mon goût, d’un style un peu trop scolaire, et mâchent un peu trop le travail au lecteur, bloquant son imagination. Je préfère de loin laisser ce dernier « rêver » à sa guise les êtres qu’il rencontre au cours de ses lectures, en ne lui donnant que quelques « graines ». À lui de les faire germer et fructifier en faisant appel à ses propres souvenirs, émotions… Bien souvent, les livres que l’on délaisse sont ceux dans lesquels on ne se retrouve pas. Pour donner vie à mes propres « créatures », je m’inspire, la plupart du temps sans en avoir conscience, de personnes que je connais, d’autres vues dans des films, des séries TV, d’autres encore dans des livres. Je consacre une fiche très sommaire à chacune d’elles, histoire de les retenir sans les emprisonner. Ensuite, j’essaye de les embarquer dans une nouvelle aventure scripturale. Je dis bien « j’essaye », car presque toujours, c’est le contraire qui arrive ; ce sont elles qui m’entraînent dans leurs délires.
Au plus profond de ta motivation, pour qui écris-tu ?
Question difficile… Je crois que j’écris pour l’enfant qui n’a jamais cessé d’exister en moi. J’écris pour qu’il continue le plus longtemps possible à s’émerveiller.
Les avis (négatifs ou positifs) des lecteurs te servent-ils ?
Oui, ils me servent énormément. Surtout les plus négatifs. Je me remets facilement en question.
Partages-tu tes projets d’écriture avec une personne de confiance afin d’avoir son opinion ?
Il y a quelques mois, lorsque je fréquentais des forums d’écriture, je soumettais régulièrement mes projets d’écriture. Mais ces lieux d’échanges ont fini par s’essouffler. Désormais, j’avance en solo. Je pourrais m’inscrire sur d’autres forums, mais je n’en ai plus l’envie ni le temps.
T’imposes-tu une discipline, en termes de calendrier, d’objectifs etc. ?
J’essaye d’écrire chaque jour. C’est tout. Je n’aime pas me stresser avec des dates butoir.
De quoi t’entoures-tu quand tu écris pour favoriser ta concentration ?
Je m’entoure de mon chaos de notes, d’une boisson chaude et de silence.
Écris-tu sur écran, imprimes-tu souvent, corriges-tu sur papier...? Quel processus suis-tu ?
J’écris le plus souvent en tapant sur mon clavier d’ordinateur ; c’est tellement plus simple et rapide. Je n’imprime que lorsque j’estime que le travail est abouti. Depuis quelques mois, je m’efforce d’écrire aussi sur du papier, comme avant l’avènement du traitement de texte informatique. Le cerveau fonctionne différemment quand la main prend le temps de tracer les mots ; mieux vaut ne pas cantonner ce muscle précieux à une seule gymnastique…
Quelle a été ton expérience avec les maisons d’édition ?
Il ne me viendrait pas à l’idée de soumettre mes manuscrits à des maisons d’édition traditionnelles. Elles ne jouent plus, selon moi, le rôle, pourtant essentiel, de découvreurs de talents. Je me sens bien plus à l’aise dans des structures indépendantes et innovantes qui privilégient l’humain, comme La Bourdonnaye, qui diffuse ma série humoristique « Terra Divina », ou La Cabane à Mots, dont les Antho-noires (recueils thématiques de nouvelles noires) séduisent un nombre croissant de lecteurs.
Sur quel projet travailles-tu en ce moment ?
J’ai commencé la rédaction de la troisième saison de « Terra Divina » pour la collection Pulp de La Bourdonnaye. En parallèle, je me suis attelée à la relecture et à la correction de deux manuscrits que j’aimerais boucler cette année, « Le visiteur de Tautavel » (titre provisoire), un road-movie immobile au cœur de la Préhistoire, et « La valse des petits rôles » (titre également provisoire), une saga familiale baignée de Méditerranée.
Le dernier mot est pour toi…
C’est déjà fini ? J’ai l’impression que ça vient à peine de commencer…
Merci de t’être livrée à moi et aux lecteurs (acquis ou en devenir)
Merci à toi ! J’en profite pour saluer ici la passion de toutes les personnes qui, par l’intermédiaire de leurs blogs, contribuent à faire connaître de nouveaux auteurs. Comme je le dis souvent, si vous n’existiez pas, il faudrait vous inventer. 
 
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3 commentaires:

  1. Godard Patrick9 mai 2015 à 17:33

    Crois en toi Marie, tu as un énorme potentiel ! Je me suis régalé à la lecture de cet interview, j'ai ainsi une idée plus précise de la délicate personne qui se cache derrière ses écrits... Au plaisir Marie !

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    1. Bonsoir,
      Merci pour votre commentaire, mais je ne sais pas Marie va voir votre message, mais vous pouvez le dire directement à l'auteur sur Facebook ;)

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    2. Délicate personne ? Ah bon ? :) Merci, Patrick, pour tes encouragements. ;)

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