samedi 1 mars 2014

L'interview de Céline Mancellon


Bonjour et merci d’accepter de répondre à ces quelques questions
Tout le plaisir est pour moi ^_^ - Tes chroniques sont toujours supers touchantes !

Comment as-tu commencé à écrire? Qui te lisait au début ?
J'ai commencé à écrire très jeune (9/10 ans environ) quand lire ne m'a plus suffi et devenait frustrant. Personne ne m'a lu jusqu'à il y a 4/5 ans, hormis ma prof' de Français dans le cadre des rédactions (ma première fan à vrai dire lol). Ensuite j'ai commencé à faire lire à mes amies de la toile et devant leur enthousiasme j'ai déposé le premier jet des Ombres Brumeuses sur My Major Company Book, de fil en aiguille, je suis devenue assez sûre de moi pour proposer le projet aux maisons d'éditions.

Quel est ton genre favori ?
Le genre qui déborde de ma bibliothèque est le thriller, le policier et l'horreur. Même si j'écris de la romance paranormale, bizarrement, ce n'est pas ce que je bouquine le plus. Sinon j'ai pas mal d'encyclopédies type surnaturel, paranormal, bestiaires, mythologiques etc...

Quel est ton processus créatif ? Qu’arrive-t-il avant que tu ne t’asseyes à écrire ?
J'écris tout d'abord de nuit de préférence (la maison est plus calme et je peux entrer dans ma bulle sans gêner mon petit monde ou être gênée par les enfants... sauf lors de frénésies d'écriture quand je suis into un projet qui excite mon cerveau lol, là c'est quasi du 24h sur 24). Ensuite la musique - très important- je me choisis une playlist de musique non francophone - pour ne pas être gênée par les paroles. Je peux écouter le même titre des heures durant, surtout s’il correspond émotionnellement au passage que je suis en train d'écrire. Après tout dépend du projet... si c'est une intrigue type thriller, je prends le problème à l'envers : ma chute et je remonte le fil de l'intrigue et choisis le type d'indices et les moments où je vais les disséminer. En règle générale, je suis assez scolaire dans ma façon d'aborder une intrigue de roman : je fais ce que j'appelle un "chemin" soit un bref résumé du roman et ensuite un bref résumé de chaque chapitre... Mais souvent je m'en écarte en cours de route, cela étant dit : ça m'aide énormément.

À quelle personne es-tu le plus à l’aise : à la première ou à la troisième personne ?
J'ai une nette préférence pour la première personne mais les deux ne me dérangent pas, la troisième personne est juste un peu plus rébarbative niveau répétition des prénoms/pronoms personnels. Et la première personne a l'avantage de lier plus le lecteur au personnage principal.

Quels écrivains admires-tu le plus?
Stephen King (j’aimerais visiter son cerveau comme on visite un musé lol) ensuite vient Sire Cédric, je suis hyper fan de son style, il a cette capacité de vous embarquer dès la première page : c'est juste magique !

Qu’est-ce qui rend crédible un personnage ? Comment crées-tu les tiens ?
Je me demande si mes personnages sont crédibles lol ! Ils le sont tu crois ? Personnellement, j'aime beaucoup les personnages qui ne sont pas parfaits. Mais ce n'est pas ce que je vois en premier quand je démarre un projet : je vois plus un ensemble et je façonne au fur et à mesure leurs personnalités, leurs tics, leurs petites manies - vocabulaire et gestes... tout cela se révèle d'eux-mêmes. Et je dois avouer que je mets une petite part de moi dans chacun d'eux.

Au plus profond de ta motivation, pour qui écris-tu ?
Je ne crois pas qu'il y ait une réelle motivation, je dirais plutôt qu'il y a un « besoin ». Par exemple, je regarde une œuvre et illico j'imagine toute l'histoire qu'elle pourrait raconter et là... là, naît le besoin de l'écrire, si je ne le fais pas ça me rend dingue : j'y pense jour et nuit, ça me torture... je cède à 99% du temps. C'est vital à mon bien-être, mon équilibre quand j'écris je suis dans un monde, une réalité qui m'ouvre toutes les possibilités que seule mon imagination peut limiter... C'est comme un sculpteur qui sculpte, un dessinateur qui dessine, un musicien qui joue de son instrument : cela provient d'un besoin vital. Après j'ai décidé d'en vivre professionnellement en faisant publier mes projets - parce que je ne suis douée pour rien d'autre et que c'est un rêve que je souhaitais réaliser * croise les doigts. Je pense que désormais, avec cet aspect-là, j'écris aussi pour les lecteurs. J'essaye de créer un lien de connivence, une sorte de jeu : « Vas-tu comprendre le message que j'essaye de faire passer ? As-tu vu ce que je souhaitais te montrer ici ? Toi et moi avons-nous la même perception de cet univers ? »

Les avis (négatifs ou positifs) des lecteurs te servent-ils ?
Les avis positifs : c'est tout simplement magique, quand je lis des commentaires disant qu'ils ont adorés, que les lecteurs se retrouvent embarqués dans l'histoire sans s'en rendre compte... la joie et le bonheur que j'éprouve est indescriptible, je me retrouve avec un sourire béat comme si j'étais amoureuse !
Les avis négatifs : je compare cela à un rendez-vous (amoureux justement) raté : parfois l'alchimie entre le lecteur et l'auteur n'est pas là, ça arrive... C'est difficile parfois selon les mots employés, comme je le disais plus haut, on met une partie de soi dans les romans, les personnages et quand un lecteur déteste notre livre, par extension il nous déteste aussi... C'est toujours dur à avaler d'apprendre qu'on ne vous aime pas lol ! Je passe donc par plusieurs paliers et les principaux sont : à chaud : colère avec un brin de mauvaise foi (mdrr) puis j'y reviens quelques jours plus tard et j'essaye de voir où j'ai pu "foirer" notre rencard amoureux. Mais j'ai remarqué que je prenais de mieux en mieux la chose quant aux retours négatifs... la sagesse arrive ? lol

Partages-tu tes projets d’écriture avec une personne de confiance afin d’avoir son opinion ?
OUI ! Je suis quelqu'un qui a besoin d'être continuellement rassurée car toujours en doute... ma principale bêta lectrice est Valérie Bottini (qui est aussi ma correctrice aux éditions Sharon Kena) il m'arrive même d'écrire le roman en direct en discutant avec elle, elle est super importante à mes yeux : j'ai souvent besoin de savoir si tel ou tel passage est bon, logique, cohérent, si je fais passer la bonne émotion ect... Ensuite il y a aussi Helene Stackhouse qui supporte d’être mon cobaye, Vay (illustratrice) quand son emploi du temps le permet, et un petit groupe à qui je montre parfois mes premiers jets et leurs avis est souvent d'une grande aide. Le travail d'écriture est solitaire mais la peur de me planter fait que je transforme ça en travail de groupe lol ! Je les remercie sincèrement, car sans mes amies je serais totalement larguée.

T’imposes-tu une discipline, en termes de calendrier, d’objectifs etc. ?
Héhéhéhé.... j'essaye, mais ce n'est pas évident, la muse est une sorte de robinet que l'on arrive parfois à ouvrir facilement sans trouver le mode d'emploi pour le fermer et vice-et-versa ^_^ - Sans compter les petits soucis techniques qui arrivent en coulisses... et que le lecteur impatient d'avoir la suite ne sait pas forcément. :-p

De quoi t’entoures-tu quand tu écris pour favoriser ta concentration ?
Café - des litres, musique et cigarettes (c'est mal, fumer c'est mal ! Ne commencez jamais ! )

Écris-tu sur écran, imprimes-tu souvent, corriges-tu sur papier...? Quel processus suis-tu ?
Uniquement sur fichier open type Word... et quand mon PC fait des siennes : je fais cela à l'ancienne : stylo et cahier. En général j'écris un passage sans me relire (environ 3 pages) puis je le passe à Val ma bêta et je le relis en même temps qu'elle tout en buvant un café et je le corrige - répétitions, coquilles, tournure de phrases, ainsi de suite, ce qui me saute aux yeux.

Quelle a été ton expérience avec les maisons d’édition ?
Deux échecs avant d'être publiée chez Sharon Kena. Si Sharon ne m'avait pas publiée, je crois que je n'aurais pas insisté à proposer mes projets : beaucoup de candidats et peu d'élus et ça je le savais dès le départ... ça peut vous détruire un auteur des refus successifs, je n'avais pas envie d'être dégoûtée.

Sur quel projet travailles-tu en ce moment ?
Là je corrige Les Ombres Brumeuses Livre II qui devrait être publié aux éditions Sharon Kena en avril 2013.

Le dernier mot est pour toi…
Je remercie sincèrement les lectrices de romance qui soutiennent les auteurs francophones, sans elles beaucoup de portes seraient encore fermées à double tour. Grâce à leur enthousiasme pour les projets d'auteurs francophones, on commence à avoir une petite place en France dans ce genre littéraire. Merci !

Merci de t’être livrée à moi et aux lecteurs (acquis ou en devenir)
Merci à toi pour cette interview, merci pour tes chroniques qui donnent le sourire et donnent envie aux lecteurs de découvrir nos univers ! FIGHTING !!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire