samedi 26 décembre 2015

L'interview de Nathalie Charlier



Bonjour, merci de me l’avoir proposé. C’est un plaisir…
Écrire a toujours été facile pour moi. Au boulot, quand il y avait une note de service à pondre, elle atterrissait toujours sur mon bureau. Ce qu’il faut savoir, c’est que je suis avant tout une lectrice compulsive. C’est en 2009, en parcourant les interviews de romancières anglaises que j’appréciais, que l’idée m’est venue. Une fois que le déclic a eu lieu, les choses se sont faites naturellement et tout s’est enchaîné. Je n’ai plus jamais arrêté. Seul mon mari savait que j’écrivais, mais il ne me lisait pas, parce que la romance, ce n’est pas son truc. Toutefois, il m’a toujours beaucoup encouragée. Donc, personne n’avait lu mes histoires, jusqu’à ce que j’envoie mon premier manuscrit aux Éditions Amorosa. Au moment où j’ai signé mon premier contrat d’édition, j’en ai enfin informé ma famille et mon entourage proche. Leurs réactions m’ont beaucoup fait rire.
J’aime la romance, quelle que soit sa forme (fantastique, érotique, contemporaine, chick-lit), sauf peut-être la romance historique, même si j’aime beaucoup l’histoire.
Lorsque je commence à écrire, toute l’histoire est claire dans ma tête. Les pièces du puzzle se mettent en place dans mon esprit au fur et à mesure, mais tant que ce n’est pas le cas, je n’écris pas. Quant à dire comment une histoire naît, j’en serais bien incapable. Je laisse souvent mon esprit vagabonder quand je suis en train de m’adonner aux corvées ménagères. Pour « Troublante Obsession », l’histoire et les personnages me sont venus en quelques minutes pendant que je repassais. J’ai ensuite écrit les 450 pages en à peine un mois. Après, forcément, la phase de correction et de travail du texte est la plus fastidieuse.
Clairement, j’adore écrire à la première personne et au présent. C’est là que je m’y retrouve le mieux. Toutefois, plusieurs de mes romances sont écrites à la troisième personne et au passé. J’utilise cette forme de moins en moins souvent d’ailleurs.
Il y en a plusieurs. J’apprécie beaucoup Colleen Hoover pour l’élégance de son style et Kylie Scott pour son humour décapant. J’aime également beaucoup Sarah Morgan, elle est un véritable exemple pour moi. En ce qui concerne la romance francophone, j’aime bien Emily Blaine, Sophie Jomain, Belinda Bornsmith également.
J’ai envie de dire qu’ils prennent vie seuls, dans ma tête. J’aime l’idée qu’une lectrice puisse s’identifier à l’héroïne. Alors, souvent, dans une situation, je me demande ce que je ferais à la place de mon personnage. Pour autant, il n’y a strictement rien de biographique dans mes romans. C’est de la pure fiction.
Je dirais que j’écris avant tout pour ceux et celles qui me lisent. Après, bien évidemment, j’écris pour moi, parce que j’adore ça. Imagine, tu pars d’une simple idée et après des heures d’un travail acharné, tu tiens un roman entre tes mains. Et c’est toi qui as tout fait (couverture, corrections, relectures…), c’est extrêmement gratifiant.
Au début, quand il y avait une critique négative, je pleurais, tellement ça me touchait. Depuis, j’ai pris de la distance (heureusement pour moi !) et ça ne me touche plus réellement. Une critique, quand elle est justifiée et constructive, apporte beaucoup. Par contre, si elle est méchante et gratuite, clairement, je ne m’y arrête pas. C’est une pure perte de temps. Il faut savoir accepter le fait de ne pas plaire à tout le monde. Et puis, comme je dis souvent, plaire à tout le monde, c’est plaire à n’importe qui.
Les messages d’encouragements, de lectrices qui ont aimé ou qui ont passé un bon moment, sont une vraie source de motivation. Quand tu reçois un mail d’une personne très malade ou seule, qui t’écrit que pendant quelques heures elle a oublié ses soucis, tu te dis que tu as fait le job. Et tu continues… encore et toujours.
Oui et non. Il m’arrive d’en parler avec l’une de mes meilleures amies, Amparo Seith qui est également écrivain, mais ce n’est pas pour avoir son opinion, plutôt parce que nous échangeons beaucoup. Pour le reste, non, je n’en parle plus, parce que trop souvent les personnes en croyant bien faire te disent ce que tu devrais écrire. Et c’est une chose qui m’agace profondément. J’écris mes histoires, pas celles des autres. Toutefois, je ne le montre pas, parce que je sais très bien que ce n’est pas méchant et que ça part toujours d’une bonne intention.
J’aimerais bien ! Mais je suis la championne de la non-organisation et des délais non tenus. Je ne sais pas comment je me débrouille, mais je me laisse toujours déborder. Chaque fois, il y a un couac qui fait que je prends du retard. Du coup, je n’aime plus indiquer de date. Cela étant, j’arrive quand même à sortir entre trois et quatre romans par an.
J’aime avoir près de moi un Cortado (expresso au lait), bien mousseux en hiver. En été, j’adore écrire sur ma terrasse et là, c’est la bouteille d’eau et les cigarettes (je sais que ce n’est pas bien de fumer !).
J’écris sur mon MacBook, parce que c’est un portable qui a une super autonomie, je peux donc l’emporter n’importe où. Ensuite, je corrige sur mon iMac, parce que l’écran est grand et que je peux ouvrir plusieurs fichiers en même temps. J’utilise un correcteur (Antidote8 pour ne pas le nommer) pour dégrossir le terrain. Puis, je relis sur ma tablette. Enfin, je relis l’exemplaire test pour être sûre. En fait, ce sont les corrections et relectures qui sont les plus laborieuses, car ça prend énormément de temps. Donc, pour répondre à ta question, la grosse partie du travail se fait sur ordinateur et je n’imprime quasiment rien.
Mon premier roman est paru aux « Éditions Amorosa » en mars 2012. Ce fut une expérience moyenne, je dois l’admettre. D’abord, j’ai beaucoup appris, notamment grâce à la correctrice. Mes relations avec la responsable éditoriale étaient bonnes, sans plus. Par contre, il a fallu que je fasse des pieds et des mains pour récupérer mes droits d’auteur. C’est également pour éviter ce genre de déconvenues que j’ai décidé de m’auto-éditer et ça me réussit plutôt bien finalement. Toutefois, je ne crache pas dans la soupe, car c’est cette première publication qui m’a lancée. Si je n’avais pas eu un lectorat suite à ce roman, je n’aurais jamais osé m’auto-éditer.
Alors, je travaille parallèlement sur trois projets et un quatrième est en train de germer dans mon esprit, même si ce n’est pas le moment. Mais bon, inutile de combattre l’inspiration quand elle arrive, parce que c’est à ce moment-là que tes écrits sont les meilleurs. Donc, je suis en train de plancher sur « Troublante Obsession 3 », qui devrait paraître en mars 2016. Ensuite, je termine « Parce que c’est toi… » qui devrait paraître en fin d’année. C’est un new-adult que j’avais proposé au concours Lattès. Il a été dans les dix textes finalistes, mais n’a pas été retenu en fin de compte, parce que les thèmes abordés leur semblaient trop délicats (religion, drogue). Ensuite, je suis en train de réécrire également mon premier roman que j’éditerai en 2016. C’est la même histoire, mais ce n’est plus du tout le même bouquin. Je trouve ça particulièrement amusant !
J’aimerais avant tout remercier toutes les personnes qui s’intéressent à mon travail et me suivent. C’est grâce à leurs mails et encouragements que je continue, chaque jour, et toujours plus motivée. Je n’écris pas pour la gloriole ou l’argent, ce n’est pas mon genre et ceux qui me connaissent le savent bien. Au contraire, à une époque où je cherchais un sens à ma vie, l’écriture a été une véritable thérapie, m’a apporté un équilibre qui est désormais essentiel pour moi. Pouvoir s’accomplir au travers de sa passion est un cadeau formidable. Tout ce que j’aime, c’est faire rêver les gens. Car il me semble qu’en ces temps, si durs, le rêve est la seule chose qui nous permet d’avancer, de nous évader et que personne ne peut nous prendre. Alors, si par mes histoires, je peux aider un lecteur ou une lectrice à oublier ses propres soucis durant quelques heures, je considère que le contrat est rempli. The job is done…
Tout le plaisir était pour moi ! Merci à toi. 
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