mercredi 18 février 2015

L'interview d'Antonia Medeiros



Bonjour et merci d’accepter de répondre à ces quelques questions
Merci Virginie. Je suis très heureuse de pouvoir révéler mes petits secrets à tes lecteurs (et aux miens).
Comment as-tu commencé à écrire? Qui te lisait au début ?
Toute petite, je me racontais des histoires et parfois je m'amusais à les rédiger. Devenue adulte, j'ai surtout écrit au départ comme journaliste, pour parler de tout et de rien, surtout de choses inintéressantes, jusqu'au jour où je me suis aperçue que je m'ennuyais terriblement et que ce type d'écriture me frustrait. J'étais bien plus intéressée par les histoires autour des articles, par les gens que je rencontrais que par le contenu de l'article lui-même. Et c'est alors que le besoin d'écrire de la fiction est devenu évident. Je me suis plongée dans la rédaction des Crèvecœur et je n'ai plus été capable de m'arrêter.
Mes premiers lecteurs ont été une de mes meilleures amies ainsi que mon oncle : je voulais le regard critique d'un homme et d'une femme en qui j'avais confiance.
Quel est ton genre favori ?
Le roman : j'aime les histoires avec un grand H. J'ai aussi un petit faible pour les polars, surtout s'ils sont bien saignants.
Quel est ton processus créatif ? Qu’arrive-t-il avant que tu ne t’asseyes à écrire ?
L'écriture c'est comme un bon plat, il faut que ça mijote longtemps avant d'être dégusté. Je passe beaucoup de temps à fabriquer les personnages, à m'imprégner de l'ambiance du livre et à définir précisément le squelette de l'histoire. Une fois que je visualise tout, je me fais un bon thé et je me mets à l'écriture.
À quelle personne es-tu le plus à l’aise : à la première ou à la troisième personne ?
Sans doute à la troisième. Lorsqu'on se cache derrière ses personnages, on a toujours l'excuse de la fiction. On en dit beaucoup sur soi, en faisant semblant d'inventer tout ce qu'on raconte.
Quels écrivains admires-tu le plus ?
Paul Auster, John Irving, Emmanuel Carrère, Maupassant, JK Rowling, entre autres. Récemment, j'ai découvert un auteur extraordinaire, Kazuo Ishiguro : je vous le conseille, il a une plume et un sens du récit superbes.
Qu’est-ce qui rend crédible un personnage ? Comment crées-tu les tiens ?
Un personnage crédible, c'est un personnage qui ne laisse pas indifférent. Même si le lecteur ne peut s'identifier à lui, il doit pouvoir ressentir une émotion, positive ou négative, à son contact. Par contre un personnage inoubliable, c'est un personnage qui est à la fois singulier et universel: il est exceptionnel, mais tout le monde peut s'y projeter.
Mes personnages, bizarrement, se sont imposés à moi. Ils apparaissent dans mon imaginaire avec un visage, un nom, un détail et peu à peu, je les façonne pour qu'ils prennent vie. Parfois, ils finissent même par m'échapper et modifient le cours de mon histoire. Ce fut le cas par exemple du personnage d’Erlmann, dans les Crèvecœur, dont le rôle dans le roman est devenu bien plus important que prévu.
Au plus profond de ta motivation, pour qui écris-tu ?
Pour moi, avant tout. Et une fois le livre achevé, on s'aperçoit qu'il n'a de valeur qu'avec le regard des autres.
Les avis (négatifs ou positifs) des lecteurs te servent-ils ?
Absolument. S'il y a des avis, positifs ou négatifs, c'est que le livre est lu et partagé, et donc qu'il vit. Pour moi, c'est cela qui compte le plus.
Partages-tu tes projets d’écriture avec une personne de confiance afin d’avoir son opinion ?
Pas du tout. Je suis incapable de parler de ce qui je suis en train d'écrire, avant de l'avoir terminé. C'est presque un sujet tabou !
T’imposes-tu une discipline, en termes de calendrier, d’objectifs etc. ?
En général, j'ai une discipline de travail en termes d'horaires et j'essaie de m'y tenir le plus possible. Mais parfois la vie bouscule tout cela et c'est bien aussi : j'en profite pour prendre du recul et glaner quelques histoires.
De quoi t’entoures-tu quand tu écris pour favoriser ta concentration ?
De silence et de lumière.
Écris-tu sur écran, imprimes-tu souvent, corriges-tu sur papier...? Quel processus suis-tu ?
J'ai des centaines de notes, de carnets et de papiers sur lesquels j'ai écrit les détails du récit. Mais je rédige et je corrige sur écran.
Quelle a été ton expérience avec les maisons d’édition ?
J'ai envoyé le manuscrit des Crèvecœur à une dizaine de maisons d'édition qui ont toutes poliment refusé avec une lettre type ; deux d'entre elles ont pris le temps de me faire quelques remarques sur mon texte ce qui a été très positif pour moi. Puis j'ai eu la chance d'être acceptée par les « Éditions La Bourdonnaye » et je dois dire qu'en tant qu'auteur, c'est un vrai bonheur de travailler avec eux.
Sur quel projet travailles-tu en ce moment ?
Je fais les recherches préliminaires pour mon prochain roman. Mais je suis incapable de t'en dire plus pour l'instant !
Le dernier mot est pour toi…
Ah bon ? Déjà ? Et moi qui déteste le mot fin...
Merci de t’être livrée à moi et aux lecteurs (acquis ou en devenir)
Merci à toi Virginie pour ton enthousiasme. C'est aussi grâce à des bloggeuses passionnées comme toi que les livres d'auteurs moins connus sont partagés et appréciés.

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