samedi 17 mars 2018

Interview đŸŽ€ M.I.A.

Interview réalisée le 10 janv. 2018
Bonjour et merci d’accepter de rĂ©pondre Ă  ces quelques questions

Nous sommes un duo d’auteurs, HĂ©lĂšne et SĂ©bastien, avec une mĂ©thode de travail un peu particuliĂšre, car prĂšs de 1 500 kilomĂštres nous sĂ©parent : nos livres sont intĂ©gralement conçus Ă  distance, via Internet.
Notre premier roman, Rémoras, a été publié en février 2012, suivi depuis par neuf autres ouvrages. Notre dixiÚme titre est paru le 4 septembre 2017.
Nous affectionnons les ambiances sombres, voire dérangeantes, que nous déclinons dans divers genres : thriller, anticipation, science-fiction, fantastique et fantasy.
ParallĂšlement, nous avons crĂ©Ă© notre propre maison d’édition en septembre 2012 (Les Éditions HJ, qui proposent aujourd’hui un catalogue de 120 titres) et un programme de formation pour les auteurs indĂ©pendants (TutoBar, sur YouTube).
Nous partageons donc notre temps de travail entre l’écriture pour M.I.A, l’édition avec EHJ, l’aide Ă  l’auto-Ă©dition via TutoBar et nos autres projets communs sur le Web.
Comme SĂ©bastien a dĂ» se concentrer plus particuliĂšrement sur nos autres activitĂ©s, depuis mi-2016, c’est moi qui suis temporairement seule aux commandes de M.I.A depuis cette pĂ©riode et je rĂ©ponds donc Ă  cette interview en solo. 

Avant d’ĂȘtre Ă©ditĂ©(e), comment imaginiez-vous votre vie d’auteur(e) ?
J’ai toujours Ă©crit et je n’ai jamais « fantasmĂ© » la vie d’auteur.
Il s’agit d’une passion, mais elle s’inscrit dans un ensemble d’activitĂ©s qui touchent toutes, de prĂšs ou de loin, Ă  l’édition. Je ne la sĂ©pare donc pas du reste et je ne la vois pas comme un espace sacralisĂ© Ă  part. Je dirais plutĂŽt que j’ai une vie de crĂ©atrice et d’entrepreneur, dans laquelle l’écriture a une part importante.
Dans cette vie d’auteur(e), qu’est-ce que vous prĂ©fĂ©rez ?
Nos livres nous permettent de faire exister notre part la plus sombre. Les romans de M.I.A sont une façon saine d’exorciser tout ce qui nous rĂ©volte, d’une certaine façon. C’est une sensation formidable que de pouvoir canaliser de façon artistique toutes nos Ă©motions pour les transmettre Ă  d’autres.
Et que trouvez-vous le plus difficile ?
Rien en particulier. Nous avons beaucoup de chance et cela compense amplement les moments de grande fatigue
 😉
Quand avez-vous pris la dĂ©cision d’écrire votre premiĂšre histoire ?
RĂ©moras est nĂ© de l’envie de SĂ©bastien « d’exorciser » certains aspects de son ancienne vie de paramilitaire. Nous travaillions dĂ©jĂ  ensemble et, fin 2010, il m’a proposĂ© d’élargir notre collaboration relative Ă  l’écriture technique (guides pratiques, confĂ©rences, etc.) en nous lançant parallĂšlement dans l’écriture de fiction.
Ce thriller de politique-fiction a Ă©tĂ© bĂąti selon un principe simple : 80 % de faits totalement ou partiellement rĂ©els issus de son propre passĂ© et 20 % de fiction, en transposant le tout dans un univers oĂč la frontiĂšre entre les deux deviendrait difficile Ă  discerner.
Ce roman a Ă©tĂ© Ă©crit durant toute l’annĂ©e 2011 et est sorti en fĂ©vrier 2012.
Être Ă©ditĂ©(e), rĂȘve ultime ou aboutissement ?
Nous sommes dans un cas un peu particulier, puisque nous avons commencĂ© par l’autopublication (avec d’excellents rĂ©sultats) et avons fait le chemin inverse, en crĂ©ant notre propre maison d’édition pour y accueillir d’autres auteurs.
De façon plus gĂ©nĂ©rale, avoir publiĂ© dix romans en tant qu’auteurs et crĂ©Ă© notre communautĂ© de lecteurs fidĂšles est une grande fiertĂ©. C’est un beau rĂȘve qui s’accomplit, en ce sens.
Comment voyez-vous votre avenir d’auteur(e) ?
Sereinement, mĂȘme si notre organisation a Ă©voluĂ© et que je m’occupe seule de M.I.A pour le moment. Comme j’ai toujours Ă©tĂ© la plume du duo, l’écriture en elle-mĂȘme n’est pas affectĂ©e par ce changement temporaire, mais il est vrai que nos sĂ©ances de prĂ©paration communes me manquent

Notre nouvelle trilogie est en cours d’écriture. Nos 11e, 12e et 13e romans paraĂźtront en 2018 et 2019.
As-tu des rituels avant de te mettre Ă  Ă©crire et pour favoriser ta concentration ?
Aucun. La « partie M.I.A » de notre activitĂ© est planifiĂ©e sur des crĂ©neaux prĂ©cis de la semaine. Quand c’est l’heure, c’est l’heure, tout simplement. 😉
Tu es plutĂŽt premiĂšre ou troisiĂšme personne ?
Ça dĂ©pend des livres et de leur construction, chacun s’inscrivant dans une sĂ©rie de contraintes techniques prĂ©alablement dĂ©cidĂ©es pour servir le rĂ©cit du mieux possible. Dans certains cas (comme Max, notre 6e roman), les deux sont utilisĂ©s en alternance.
Par contre, quand nous faisons le choix de la troisiĂšme personne, il s’agit toujours de narration interne ou externe, jamais omnisciente : le la trouve bien trop « pratique » pour l’auteur, ce qui ne rend pas le challenge intĂ©ressant.
Comment crĂ©es-tu tes personnages ? Les laisses-tu s’imposer Ă  toi ou les crĂ©es-tu en dĂ©tail avant de commencer Ă  les faire vivre dans ton histoire ?
Tout est crĂ©Ă© en amont, durant la phase globale de prĂ©paration qui reprĂ©sente presque les 2/3 du temps total consacrĂ© Ă  la crĂ©ation d’un livre.
Ensuite, durant la phase d’écriture, certains ajustements peuvent ĂȘtre apportĂ©s, mais ils seront toujours mineurs.
Comment gÚres-tu les avis (négatifs ou positifs) ? Mais surtout, les utilises-tu pour améliorer ton histoire ?
Tous les avis sont intĂ©ressants, bien sĂ»r, mais nous ne les obtenons qu’aprĂšs publication, donc ils n’ont pas d’incidence sur le roman concernĂ©.
Niveau Ă©criture, tu es plutĂŽt Ă©criture au feeling ou alors planning d’écriture ?
Planification, obligatoire pour tout mener de front sans devenir folle. M.I.A reprĂ©sente environ dix Ă  quinze heures par semaine sur quatre-vingt-dix heures d’activitĂ© totale.
Pour ceux qui ont envie de se faire peur avec un planning, je leur recommande la vidĂ©o que j’ai publiĂ©e l’annĂ©e derniĂšre sur notre chaĂźne YouTube, oĂč je montre Ă  quoi tout cela ressemble : đŸ“ș (cliquer sur la TV pour y accĂ©der)
Tu es plutĂŽt Ă©criture sur ordinateur ou Ă©criture papier/stylo ?
Ordinateur.
Si tu peux nous en parler, sur quel projet travailles-tu en ce moment ?
Notre troisiĂšme trilogie, « L’Arche des sables », composĂ©e de « PrĂ©sages », « Mirages » et « Orages ».
Premier souvenir d’enfance ?
Je pense qu’il s’agit de vacances en Corse avec mes parents, quand j’avais trois ans et demi. J’en garde un souvenir plein d’odeurs et de musiques.
PremiÚre qualité ?
La tĂ©nacitĂ©. C’est, je pense, ce qui me permet d’avancer dans la vie depuis que je suis toute petite.
Premier conseil aux apprentis auteurs ?
« Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage » (merci à Boileau, qui lui se limitait à vingt fois !)
Premiers fans ?
Jonathan et Dorian. S’ils lisent cette interview, ils se reconnaĂźtront. Leur degrĂ© d’investissement personnel dans nos divers romans est assez impressionnant.
PremiÚre dédicace ?
Une dédicace numérique effectuée fin 2012, pour « La Trappe », si je ne me trompe pas.
Premier livre ?
S’il s’agit bien de ma premiĂšre lecture, j’hĂ©site entre plusieurs des livres qu’on m’a achetĂ©s l’annĂ©e de mes 6 ans. Je vais dire « La reine des baleines », un rĂ©cit Ă©cologique avant l’heure qui m’avait beaucoup marquĂ©e Ă  l’époque.
Dernier livre lu ?
Une saga de fantasy amĂ©ricaine que j’ai terminĂ©e avant-hier : The demon cycle.
DerniÚre chanson écoutée ?
Rid of me, de P.J. Harvey.
Dernier coup de gueule ?
Un dĂ©bat « politico-sociĂ©tal familial » qui a un peu mal tourné  😉
Dernier achat livresque ?
La saga évoquée précédemment.
Dernier compliment reçu ?
Un mail reçu hier, de la part d’une nouvelle lectrice, au sujet de Transe, notre dernier titre publiĂ©. Elle y dit notamment : « Cette Ɠuvre m’a fascinĂ©e, et je crois que je n’ai jamais eu un tel coup de cƓur pour un autre livre avant celui-ci. » Ça donne des ailes, non ?
Dernier fou rire ?
Il y a quelques heures. J’ai la chance d’avoir un mari extrĂȘmement drĂŽle !
Un animal ?
Un oiseau, pour pouvoir contempler le monde différemment.
Une chanson ?
Strange days (The Doors). Elle exprime bien mes Ă©motions les plus fortes.
Une ville ?
Londres, je pense.
Un pays ?
L’Angleterre, oĂč je me sens comme chez moi depuis mon enfance.
Une saison ?
Je les aime toutes, mais je vais choisir ici le printemps, pour l’élan de renouveau qu’il apporte.
Une devise ?
Celle de RĂ©moras : « Quis custodiet ipsos custodes ? », qu’on peut traduire par « Qui gardera les gardiens ? »
Une odeur ?
Le parfum de ma mĂšre, qui est une odeur remplie d’émotions trĂšs fortes.
Une couleur ?
Le noir (je sais, techniquement, ce n’est pas une couleur, mais c’est la mienne !)
Une fleur ?
Une belle-de-nuit : ce sont les fleurs qui m’accompagnent, l’étĂ©, puisque je travaille Ă©normĂ©ment en nocturne. Je les trouve magnifiques et mystĂ©rieuses.
Une date ?
Le jour oĂč j’ai rencontrĂ© mon futur mari. Il a transformĂ© mon existence Ă  un point qu’il n’imagine sans doute pas.
ÉchouĂ©(e) sur une Ăźle dĂ©serte, je voudrais avoir ?
Mes proches (pas sympa pour eux de leur imposer cela, mais ils sont tout pour moi et je ne peux pas vivre sans eux !)
One shot préféré (livre en 1 seul tome) ? Pourquoi ?
L’homme inquiet (Henning Mankell) : c’est le dernier Wallander, le plus sombre, oĂč Mankell est au sommet de son art, sur le fond et la forme.
Saga préférée ? Pourquoi ?
Les Rougon-Macquart, de Zola. Je crois qu’aucune Ɠuvre n’a jamais rĂ©ussi Ă  peindre de façon aussi exhaustive et puissante une sociĂ©tĂ© tout entiĂšre.
Héros livresque préféré ? Pourquoi ?
ArsĂšne Lupin, dont j’ai Ă©tĂ© amoureuse durant toute ma jeunesse. Aujourd’hui encore, son impertinence et son ingĂ©niositĂ© me font vibrer. Chacune de ses aventures est un rĂ©gal.
Héroïne livresque préférée ? Pourquoi ?
Catherine Earnshaw, dans Les Hauts de Hurlevent. C’est une anti-hĂ©roĂŻne tragique et sa terrible relation avec Heathcliff me bouleverse toujours autant qu’à ma premiĂšre lecture, quand j’avais 13 ans.
Couple livresque préféré ? Pourquoi ?
Catherine et Heathcliff. Je crois qu’aucune histoire d’amour livresque ne m’a jamais autant Ă©mue.
Auteur(e) préféré(e) ? Pourquoi ?
C’est trùs difficile, car on ne peut pas comparer classiques, polars, SF, etc. N’en citer qu’un est un exercice assez horrible. 😊
Je vais rester sur Mankell, dont l’écriture est brillante et qui peint sa vision de l’ñme humaine d’une façon qui me transporte.
Combien de livres dans votre bibliothĂšque ?
Si je cumule papier et numérique, pas loin de 2 000.
Une vie sans livre, c’est

La mort

Donnez-moi vos 7 mots préférés et expliquez votre choix
1. TolĂ©rance : l’une des premiĂšres valeurs que m’ont transmises mes parents.
2. Amour (au sens large du terme) : il est le moteur permanent de la vie.
3. Ténacité : comment accomplir quoi que ce soit de mémorable, sans elle ?
4. Musique : ma seconde passion artistique, sans laquelle je dépéris.
5. Rencontre : tout ce qui m’arrive de beau dans la vie dĂ©coule de magnifiques rencontres et je suis persuadĂ©e que ce sont « les autres » qui font la magie de l’existence.
6. Histoires : elles se vivent, elles se lisent, elles se construisent, elles sont essentielles.
7. Partage : parce qu’on ne peut jamais ĂȘtre heureux au milieu d’un ocĂ©an de malheur.
Livre papier et/ou numérique ? (lecture)
Les deux, mĂȘme si je lis aujourd’hui Ă  90 % en numĂ©rique (je n’ai presque plus de place dans ma bibliothĂšque).
Cahier et/ou ordinateur ? (Ă©criture)
Ordinateur.
Musique ou pas ? (lecture)
GĂ©nĂ©ralement, non, j’aime accorder pleinement mon attention Ă  chaque Ɠuvre artistique.
Musique ou pas ? (Ă©criture)
MĂȘme rĂ©ponse.
Thé ou café ?
Thé.
Matin, aprĂšs-midi, soir ou nuit ? (lecture)
Nuit.
Matin, aprĂšs-midi, soir ou nuit ? (Ă©criture)
Nuit aussi. Je termine ma session de travail nocturne par l’écriture
 avant d’aller lire.
BibliothĂšque, librairie, bouquiniste, brocante ou grande surface ? (achats livresques)
Librairie numérique en ligne, majoritairement.
Le dernier mot est pour toi

Merci pour cette interview, en espĂ©rant qu’elle vous donnera envie de plonger dans notre univers !

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