<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-891173348695324125</id><updated>2012-02-16T05:50:52.211-05:00</updated><category term='pornographique'/><category term='guerre'/><category term='science-fiction'/><title type='text'>Un peu de lecture</title><subtitle type='html'>Nouvelles littéraires (très) amateurs</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://unpeudelecture.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/891173348695324125/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://unpeudelecture.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Solcain Kappler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>6</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-891173348695324125.post-6886263494368641360</id><published>2009-11-15T10:39:00.001-05:00</published><updated>2009-11-15T10:40:35.373-05:00</updated><title type='text'>Le sourire</title><content type='html'>J'étais prêt à toutes les concessions, à tous les sacrifices. Je ne demandais qu'une chose: une fois seulement pouvoir briser le mur invisible derrière lequel tu es retranchée et partager un de tes secrets. Pas n'importe lequel, le seul qui vaille la peine d'être découvert, celui que tu caches derrière ton sourire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça ne me paraissait pas démesurée comme requête. Parmi tous ceux qui se sont intéressés à toi, je n'étais certainement pas le plus exigeant. Et avec tout ce que j'ai sacrifié pour toi, je méritais cette réponse plus qu'aucun autre. Du jour ou je t'ai approchée, je n'ai plus vécu que pour toi. Et ce besoin de comprendre n'avait rien à voir avec de la jalousie ; je voulais simplement savoir à qui tu souriais quand désespérément je restais devant toi et que ton regard me traversait sans me voir. J'ai failli devenir fou, passant des nuits blanches à me torturer l'esprit, à m'accrocher au plus petit détail qui aurait pu être l'esquisse du début d'une réponse, toujours sans résultat. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je t'ai sacrifié des années, les plus précieuses, celles qui m'auraient permis de faire de grandes choses si tu n'avais pas été là. Puis je me suis résigné sans pour autant accepter de t'abandonner. Comme d'autres avant moi, beaucoup sans doute, chaque matin me laissait croire que cette journée serait celle ou je serais fort, ou enfin tu quitterais mon présent pour devenir mon passé, ou je t'abandonnerais, ou je me résignerais à ne pas être celui qui sourirait pour les même raisons que toi. Et chaque soir je rechutais, repoussant la rupture au lendemain. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne compte plus les fois ou désespéré j'ai couru te retrouver. Pas une fois ta porte ne m'a été fermée, mais jamais tu ne t'es ouverte à moi. C'est peut être ce qui a été le plus dur: te voir, tendre la main et t'effleurer, te croire apprivoisée pour finalement réaliser le contraire. A défaut de pouvoir partager ce qui illuminait ton visage, j'aurais aimé comprendre. Mais non. Ça aussi tu me l'as toujours refusé. Tu étais avec moi mais ton regard trahissais ton absence. Je n'ai jamais vraiment existé pour toi. Là seule chose à laquelle je pouvais m'accrocher était ton sourire, cette lumière sur ton visage. Un rayonnement, un bien être perdu quand l'homme s'est fait mettre à la porte du jardin d'éden et que tu as retrouvé je ne sais comment. Et c'est un trésor que tu as su précieusement garder. Pas un indice qui m'aurait permis de deviner pourquoi, à qui tu souriais. Et dans ces instants ou je me sentais rejeté, la rage emplissait mon corps. Mes poings se serraient jusqu'au sang, mes mâchoires se crispaient à en faire éclater les dents, ma respiration se faisaient haletante jusqu'à ce que j'explose dans un hurlement silencieux. Et toi tu restais impassible, continuant de sourire comme si de rien n'était. Qu'est ce qui t'autorisait cette arrogance ? De quel droit te permettais tu de conserver ce secret pour toi toute seule. Aurais tu été plus pauvre si tu l'avais partagé ? Tu n'as jamais eu plus fervent et plus patient admirateur que moi. J'aurais pu écrire cent livres sur toi sans arriver à dire le dixième de ce que tu signifiais pour moi. S'il n'y avait eu qu'un homme sur terre méritant que tu le mettes dans la confidence, ça aurait été moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais non. Tu m'as toujours ignoré. Aujourd'hui comme hier et comme le jour d'avant. Et je ne suis qu'humain... Il était évident que je ne pourrais vivre éternellement empli de cette rage, de cette volonté de me battre que tu as été la seule à m'insuffler. Aujourd'hui, cette flamme s'est finalement éteinte. Je ne ressens plus qu'un immense vide, celui d'un amant éconduit en douceur qui ne peut même pas se réfugier dans la haine de celle qui le rejette. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd'hui sera ma dernière visite. Demain, j'aurai quitté mon travail, ma maison, ma ville. Paris sera derrière moi, le musée aussi. Je serai en route pour un petit village de province peuplé de gens simples qui, avec un peu de chance, ne te connaissent pas ou vaguement. Des gens heureux qui m'aideront peut être à le devenir aussi, sans toi. J'abandonnerai sur le bord du chemin tout ce qui pourrait te rappeler à moi: les livres, les dessins, les peintures. J'enfermerai ton nom et ton image dans une petite boite enfouie au plus profond de ma mémoire, jusqu'à t'oublier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne saurai jamais ce qui te fait sourire ainsi, mais j'apprendrai à vivre avec. Adieu Mona Lisa.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/891173348695324125-6886263494368641360?l=unpeudelecture.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://unpeudelecture.blogspot.com/feeds/6886263494368641360/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=891173348695324125&amp;postID=6886263494368641360' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/891173348695324125/posts/default/6886263494368641360'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/891173348695324125/posts/default/6886263494368641360'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://unpeudelecture.blogspot.com/2009/11/le-sourire.html' title='Le sourire'/><author><name>Solcain Kappler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-891173348695324125.post-2846050190794889196</id><published>2009-11-08T18:13:00.004-05:00</published><updated>2009-11-08T18:18:20.107-05:00</updated><title type='text'>Le grenier</title><content type='html'>&lt;style type="text/css"&gt; &lt;!--  @page { size: 13.97cm 21.59cm; margin-right: 1.5cm; margin-top: 1.27cm; margin-bottom: 1.27cm }  P { margin-bottom: 0.21cm }  A:link { so-language: zxx } --&gt; &lt;/style&gt; &lt;br /&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;L'air n'était que poussière et humidité. Une chaleur suffocante régnait dans le vieux grenier. Quand on arrivait en haut de la longue échelle et que l'on pénétrait dans cette tanière secrète, la peau devenait instantanément moite et on avait l'impression d'aspirer la poussière à pleins poumons. Il fallait quelques instants pour s'habituer à cet air presque palpable, à cette sensation d'étouffement. Alors seulement les yeux commençaient à trouver des repères, à reconnaître les lieux.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;La première chose que l'on voyait alors était ce grand faisceau lumineux qui perçait le toit et venait frapper le centre de la pièce d'un grand carré éblouissant. Quelques secondes de plus, et toute cette poussière devinée à chaque respiration prenait réalité à travers le scintillement des grains frappés par les rayons de lumière. Encore quelques secondes et le grenier commençait à livrer ses secrets.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;C'était une immense pièce aux vieux murs de crépi défraichi et au plancher sans âge dont les lattes à moitié rongées par les termites et l'humidité semblaient n'avoir besoin que d'un prétexte pour céder silencieusement, à la façon de ces branches mortes longtemps charriées par l'eau qui s'émiettent au lieu de se briser. Les objets les plus divers bordaient les murs. Un tas de vieux ballots de foin remontant à une époque ou il y avait encore des animaux dans l'étable en dessous, une paire de vieilles cuisinières à charbon en fonte, probablement conservées au cas ou celle à gaz tomberait en panne, une pile de vieilles tuiles ébréchées. On discernait également une collection de  vieilles malles en bois, de celles qu'on imagine débarquées sans ménagement d'un vieux cargo fumant par des marins tatoués dans un petit port d'une Afrique coloniale. Certaines vomissaient de vieilles frusques ou couvertures, on imaginait les trésors que devaient renfermer les autres. Sur le mur opposé à l'entrée, un œil de bœuf rendu aveugle par la poussière fixait son regard éteint sur les nouveaux arrivants. En dessous, un crucifix orné d'un vieux rameau d'olivier, et encore un peu plus bas un portrait jauni et racorni du crucifié lui même. Enfin, disposés en arc de cercle autour de la tache lumineuse centrale, faisant face à l'entrée, s'alignaient une dizaine de chaises, fauteuils et canapés, tous déchirés ou boiteux, tous gris à cause de la couche de poussière qui les recouvrait. Tous étaient occupés par des adolescents aussi vautrés et avachis que ce que l'on peut l'être à leur âge. Au centre, un canapé plus imposant que les autres, le trône sans doute, était occupé par deux garçons aux jambes et bras croisés dans une attitude hautaine. Leurs regards droits étaient braqués sur la nouvelle arrivante qui venait de pénétrer dans la pièce précédée par ses guides.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;La nouvelle venue s'immobilisa, affrontant le regard des jumeaux sans baisser la tête ni ciller. Les secondes s'égrenaient, rendues plus longues encore par les regards posés sur elle et par le silence ambiant. Elle ne bougeait pas, s'appliquant à contrôler sa respiration pour masquer sa nervosité. Après ce qui parut une éternité, un des jumeaux brisa le silence.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Approche toi Stéphanie&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;D'un pas qu'elle voulait assuré elle s'avança vers les jumeaux, s'arrêtant au bord de la tache lumineuse.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Encore !&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle fit deux pas de plus avant que la voix ne l'arrête.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Là, c'est bien&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle était au centre du carré de lumière, aveuglée, son corps frappé de plein fouet par le rayon. Elle devait plisser les yeux pour deviner la silhouette du canapé et de ses occupants.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Tu connais les règles, n'est ce  pas ? Les gardiens te les ont données ?&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle hocha la tête en signe d'assentiment.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Aucun mot ne devra sortir de ta  bouche et tu feras ce qui te sera demandé. Si tu n'es pas d'accord,  tu es libre de quitter cet endroit à n'importe quel moment, mais tu  n'y reviendras jamais.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Nouveau hochement de tête.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Bien. Nous sommes heureux que tu  veuilles rejoindre notre groupe. Maintenant, déshabille toi.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle sursauta imperceptiblement bien qu'elle se soit attendu à une demande de ce genre. Elle qui jusqu'à peu n'avait été qu'une fille de seconde catégorie - de celles qui ne sont ni assez jolies, ni assez intelligentes, ni assez marrantes pour qu'on les remarque – avait bien remarqué l'intérêt nouveau quu lui portaient les garçons depuis que ses seins avaient gonflé et s'étaient fièrement dressés, que ses hanches s'étaient affinées, ses jambes allongées. Et ces regards s'étaient encore davantage accentué au fur et à mesure que ses formes se dessinaient davantage dans le miroir de sa chambre. Elle n'était pas surprise par la demande donc, mais jusqu'à cet instant elle n'avait pas été certaine de sa réponse.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Une goutte de sueur partant de sa tempe glissa le long de sa joue et se perdit dans son cou. Lentement, elle s'accroupit et défit les lacets de ses baskets. Son cœur battait plus fort et elle essayait toujours de contrôler sa respiration. Elle ôta en même temps chaussures et chaussettes puis se redressa. En se penchant légèrement en avant elle retira le le vieux t-shirt qu'elle portait. Puis elle entreprit de défaire les boutons de son short et le fit glisser le long de ses jambes avant de le déposer avec le reste de ses vêtements. Elle se redressa complètement et toisa les jumeaux sur leur canapé. Les garçons sur les fauteuils et les chaises autour d'elle avaient ouvert leurs braguettes et caressaient leurs sexes dressés. Les jumeaux, eux, restaient impassibles. Ils la fixaient d'un regard intense et souriaient.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Ne t'arrête pas là, enlève  tout.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle hésita brièvement. Elle savait très bien qu'ils ne se contenteraient pas de ses sous-vêtements de fillette en coton blanc ; mais alors qu'elle était déjà presque nue ce dernier voile devant son intimité lui semblait incroyablement difficile à écarter. Elle prit une inspiration rapide et fit glisser les bretelles de son soutien-gorge avant de le dégrafer et de le laisser tomber. Puis elle saisit les élastiques de sa culotte, la fit descendre le long de ses cuisses et se baissa pour la retirer et la jeter avec ses autres affaires. Une nouvelle fois elle se redressa pour soutenir le regard des jumeaux. Mais cette fois-ci, eux comme tous les autres ne la dévisageaient plus ; tous dévoraient son corps du regard. Elle se sentit rougir sous la brulure de ces yeux posés sur ses seins, ses fesses, son sexe. La lumière qui l'inondait faisait ressortir la blancheur de sa peau, le rose de ses aréoles, la légère toison dorée qui ornait le haut de ses cuisses.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle était un peu confuse. La tête lui tournait légèrement sous l'effet de la chaleur , de la poussière et de ces regards qui la scrutaient. Elle était gênée comme jamais elle ne l'avait été, mais en même temps son ventre palpitait comme pendant ses nuits les plus agitées. Elle ferma les yeux pour se laisser enivrer par les sensations: le soleil qui chauffait sa peau, les gouttes de sueur perlant sur sa peau, le contact de la poussière et du bois pourri sous la plante de ses pieds. La voix la ramena à la réalité.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Approche toi encore.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle ouvrit les yeux. Les jumeaux la dévisageaient de nouveau, mais ils exhibaient maintenant deux fières érections. Elle hésita une nouvelle fois ; les choses allaient plus loin qu'elle ne l'avait imaginé. Puis elle fit quelques pas dans leur direction, jusqu'à être debout devant eux.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Agenouille toi.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle s'exécuta.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Prends les dans tes mains  maintenant&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Cette fois elle n'hésita plus et saisit un sexe brandi dans chacune de ses mains. C'était plus petit que ce qu'elle avait imaginé, chaud, doux, mais étonnamment sec en dépit de la température ambiante. Il n'y avait pas de mauvaise odeur, pas d'odeur particulière en fait. Elle sentait les deux queues palpiter dans le creux de ses mains, et doucement elle commença à les masser. Avec hésitation d'abord, puis avec plus d'assurance au fur et à mesure que les bassins accentuaient leur mouvement de va-et-vient. Elle faisait coulisser les sexes sur toute leur longueur et exerçait une pression de plus en plus soutenue. Un des jumeaux émit un grognement sourd, contrastant avec le ton neutre de la voix qui reprit:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Avec ta bouche aussi.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;C'était normal. À l'instant ou elle avait vu leurs sexes brandis elle avait su qu'ils le demanderaient. Et elle savait aussi qu'elle n'irait pas plus loin.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle hésita, ne sachant vers qui se diriger. Un des jumeaux avait basculé sa tête en arrière, l'autre continuait de la dévisager. Elle croisa son regard et dirigea se lèvres vers lui. Elle prit le sexe dans sa bouche comme elle pensait que ça devait être fait: avec douceur et humidité. Tout en continuant à le branler, elle l'avala jusqu'à ce que ses lèvres rejoignent sa main. La queue était douce, fragile et forte à la fois. Elle avait le goût du savon, du propre. Ils avaient été prévoyants, ils ne voulaient pas que ce soit désagréable pour elle, ou le moins possible en tout cas. Elle ne voulait qu'être acceptée parmi eu, une fois seulement faire partie de ceux que tout le monde jalouse. Elle caressait les sexes de plus en plus vite, de plus en plus fort, essayant de suivre le rythme que lui imposaient les hanches bougeant à l'unisson. Tout autour d'elle, les halètements s'accéléraient, les respirations se faisaient plus fortes. Les corps qu'elle caressait eux aussi grognaient et râlaient de plaisir. Elle ne pouvait voir les visages des jumeaux mais elle sentait leur impatience grandir à travers les mouvements de leurs sexes. À chaque va et vient, la queue qu'elle suçait avec application sortait presque complètement de sa bouche avant de revenir avec plus d'enthousiasme essayer de se loger un peu plus profondément dans sa bouche.  La tension devenait insoutenable, elle le sentait, et continuait de caresser les deux sexes avec ardeur.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;À sa gauche, le grand corps se raidit brusquement tandis que la queue se mettait à palpiter plus fort et qu'un long râle rauque résonnait. Elle sentit un liquide chaud et épais couler sur sa main.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle reprit son souffle et se mit à sucer plus fort. Encore quelques instants et elle serait acceptée. Elle léchait, pompait, branlait avec force quand un jet intense frappa sa gorge. Elle retint un haut le cœur et continua à sucer, essayant d'avaler le sperme saccade après saccade afin de ne pas s'étouffer. C'était amer, un peu salé, plutôt écœurant surtout à cause de la consistance.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Les pulsations s'espacèrent, puis s'arrêtèrent tandis que le sexe perdait déjà de sa raideur. Elle le garda dans sa bouche quelques secondes de plus avant de le relâcher. Puis elle déglutit une dernière fois pour essayer de faire passer le goût et se redressa, toisant de nouveau fièrement les jumeaux comme si sa nudité et le sperme qui coulait sur ses mains et son menton ne la gênaient plus. Ils se levèrent tous les deux, de  grands sourires dessinés sur leurs visages, le regard un peu flou. Quand la voix se fit de nouveau entendre, c'était avec un sourire encore plus grand:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;Bienvenue parmi nous! Je crois  qu'on va très bien s'entendre.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/891173348695324125-2846050190794889196?l=unpeudelecture.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://unpeudelecture.blogspot.com/feeds/2846050190794889196/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=891173348695324125&amp;postID=2846050190794889196' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/891173348695324125/posts/default/2846050190794889196'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/891173348695324125/posts/default/2846050190794889196'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://unpeudelecture.blogspot.com/2009/11/le-grenier.html' title='Le grenier'/><author><name>Solcain Kappler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-891173348695324125.post-7317707273467574585</id><published>2009-10-01T09:40:00.000-04:00</published><updated>2009-11-07T10:14:36.492-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='science-fiction'/><title type='text'>Conquête</title><content type='html'>&lt;style type="text/css"&gt;  &lt;!--   @page { margin: 2cm }   P { margin-bottom: 0.21cm }  --&gt;  &lt;/style&gt; &lt;br /&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Assise en tailleur sur le petit lit de sa chambre d'étudiante, Céline fixait sans les voir les images défilant sur le vieil écran mural. Les unes après les autres, des photos défraîchies retraçaient l'épopée spatiale: Spoutnik, les missions Apollo, Skylab, Mir, la station spatiale internationale, et les dernières photos de Gliese.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Gliese, &lt;span lang="fr-CA"&gt;petit nom pour&lt;/span&gt; Gliese 581 c, &lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;tait un caillou gros comme une fois et demi la terre. &lt;span lang="fr-CA"&gt;À sa découverte &lt;/span&gt;les conventions habituelles avaient &lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;t&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt; suivies et la plan&lt;span lang="fr-CA"&gt;è&lt;/span&gt;te avait &lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;t&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt; &lt;span lang="fr-CA"&gt;nommée&lt;/span&gt; d'apr&lt;span lang="fr-CA"&gt;è&lt;/span&gt;s son &lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;toile. &lt;span lang="fr-CA"&gt;L&lt;/span&gt;es astronomes, &lt;span lang="fr-CA"&gt;aussi excités soient-ils par la petite planète,&lt;/span&gt; avaient autre chose &lt;span lang="fr-CA"&gt;à&lt;/span&gt; faire que &lt;span lang="fr-CA"&gt;de chercher&lt;/span&gt; des noms po&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;tiques. Quand &lt;span lang="fr-CA"&gt;les journalistes s'étaient intéressés au sujet&lt;/span&gt;, &lt;span lang="fr-CA"&gt;leurs&lt;/span&gt; comp&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;tences limit&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;es en astronomie &lt;span lang="fr-CA"&gt;avaient fait qu'en un rien de temps&lt;/span&gt; la plan&lt;span lang="fr-CA"&gt;è&lt;/span&gt;te &lt;span lang="fr-CA"&gt;s'était appropriée&lt;/span&gt; le nom de son &lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;toile. Et les comit&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;s d'astronomie n'avaient rien pu faire pour corriger &lt;span lang="fr-CA"&gt;le tir&lt;/span&gt;. &lt;span lang="fr-CA"&gt;L&lt;/span&gt;es astronomes amateurs &lt;span lang="fr-CA"&gt;avaient eux choisi &lt;/span&gt;un surnom plus affectueux &lt;span lang="fr-CA"&gt;pour Gliese&lt;/span&gt;: &lt;span lang="fr-CA"&gt;ils&lt;/span&gt; &lt;span lang="fr-CA"&gt;l'appelaient&lt;/span&gt; le « G-point », &lt;span lang="fr-CA"&gt;à&lt;/span&gt; cause &lt;span lang="fr-CA"&gt;de &lt;/span&gt;l'&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;moi que ce petit bout de roche avait provoqu&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt; &lt;span lang="fr-CA"&gt;dans leur communauté&lt;/span&gt;.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Et il y avait des raisons de &lt;span lang="fr-CA"&gt;frissonner&lt;/span&gt; en pensant a Gliese. &lt;span lang="fr-CA"&gt;En plus de sa taille voisine de celle de la terre, sa masse en était également proche ce qui promettait un gravité quasiment identique.&lt;/span&gt;  &lt;span lang="fr-CA"&gt;La &lt;/span&gt;temp&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;rature moyenne é&lt;span lang="fr-CA"&gt;tait estimée à &lt;/span&gt;14.3 degr&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;s &lt;span lang="fr-CA"&gt;et son atmosphère avait une composition voisine de celle terrestre. T&lt;/span&gt;out &lt;span lang="fr-CA"&gt;ç&lt;/span&gt;a &lt;span lang="fr-CA"&gt;à&lt;/span&gt; vingt ann&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;es lumi&lt;span lang="fr-CA"&gt;è&lt;/span&gt;re &lt;span lang="fr-CA"&gt;à peine&lt;/span&gt;, autant dire la porte &lt;span lang="fr-CA"&gt;à&lt;/span&gt; c&lt;span lang="fr-CA"&gt;ô&lt;/span&gt;t&lt;span lang="fr-CA"&gt;é à l'échelle astronomique&lt;/span&gt;. &lt;span lang="fr-CA"&gt;En résumé, Gliese était une terre que l'homme n'aurait pas encore massacrée&lt;/span&gt;, &lt;span lang="fr-CA"&gt;un&lt;/span&gt; jard&lt;span lang="fr-CA"&gt;i&lt;/span&gt;n d'&lt;span lang="fr-CA"&gt;E&lt;/span&gt;den dont &lt;span lang="fr-CA"&gt;il&lt;/span&gt; serait sur le point de retrouver la cl&lt;span lang="fr-CA"&gt;é, une seconde chance.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;&lt;span lang="fr-CA"&gt;Pour l'instant, &lt;/span&gt;Gliese &lt;span lang="fr-CA"&gt;n'é&lt;/span&gt;tait &lt;span lang="fr-CA"&gt;qu'&lt;/span&gt;une petite tache bleue &lt;span lang="fr-CA"&gt;sur l'écran mural, une potentielle oasis dans un désert&lt;/span&gt; d'obscurit&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;. &lt;span lang="fr-CA"&gt;Mais cette modeste &lt;/span&gt;photo avait &lt;span lang="fr-CA"&gt;suffi à faire naître l'&lt;/span&gt;espoir &lt;span lang="fr-CA"&gt;chez&lt;/span&gt; des millions d'humains &lt;span lang="fr-CA"&gt;qu'ils pouvaient fuir leur planète sous perfusion et avoir un meilleur avenir que celui offert par des colonies martiennes ou européennes qui usurpaient largement le qualificatif « vivable ». &lt;/span&gt;Et elle, C&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;line, avait un passeport pour ce nouve&lt;span lang="fr-CA"&gt;l Eden&lt;/span&gt;. &lt;span lang="fr-CA"&gt;Ils étaient trois cent à avoir été sélectionnés &lt;/span&gt;pour le premier projet de colonisation extra-solaire. Le prix ? La mort, ou tout comme: un voyage de deux cent ans auxquels les futurs colons survivraient &lt;span lang="fr-CA"&gt;en par hibernation&lt;/span&gt;. &lt;span lang="fr-CA"&gt;Mais q&lt;/span&gt;uelle que soit l'issue de la mission, ils perdraient tous leurs proches sur terre. Et C&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;line avait jusqu'à demain pour faire son choix.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;A vrai dire, sa d&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;cision &lt;span lang="fr-CA"&gt;était déjà prise,&lt;/span&gt; elle le savait. Cette opportunit&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;, tout le monde en r&lt;span lang="fr-CA"&gt;ê&lt;/span&gt;ve &lt;span lang="fr-CA"&gt;à&lt;/span&gt; un moment ou a un autre. C'est la d&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;couverte d'un nouveau monde, &lt;span lang="fr-CA"&gt;poser&lt;/span&gt; le pied l&lt;span lang="fr-CA"&gt;à&lt;/span&gt; ou personne ne l'a mis auparavant. Mais habituellement, c'est un r&lt;span lang="fr-CA"&gt;ê&lt;/span&gt;ve d'enfant soigneusement &lt;span lang="fr-CA"&gt;rangé en grandissant&lt;/span&gt; et que l'on ressort et caresse de temps en temps, &lt;span lang="fr-CA"&gt;nostalgiquement&lt;/span&gt;. Elle, C&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;line, pouvait le r&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;aliser. La question qu'elle se posait n'&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;tait donc pas « est ce que je vais y aller? », mais « comment vais je l'annoncer ». Comment annoncer et expliquer a tous ceux qui tenaient a elle, ses parents, ses amis, qu'elle &lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;tait pr&lt;span lang="fr-CA"&gt;ê&lt;/span&gt;te &lt;span lang="fr-CA"&gt;à&lt;/span&gt; les sacrifier pour une aventure aussi hypoth&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;tique ? C'est purement &lt;span lang="fr-CA"&gt;egoïste,&lt;/span&gt; mais pas plus que tout ce que l'on peut faire. S'imaginer qu'un travailleur humanitaire, uen bonne soeur avec les chifonniers du Caire, ou un travailleur sur une liste SOS amitie sont differents d'un speculateur boursier releve d'une naivete incommensurable. Chacun cherche avant tout a satisfaire se besoins, pour les uns en remplissant leur portefeuille, pour les autres en flattant leur conscience. L'egoisme n'est qu'un jugement porte par la societe sur les choix qui ne la renforcent pas. Et Celine ne se sentait pas differente, la question avait ete de savoir quelle part de son egoisme elle souhaitait satisfaire, celle qui l'incitait a rester uen fille et amie modele et a avoir une vie previsible mais confortable et agreable, ou celle qui l'amenerait a entrer dans l'histoire, a etre sur la ligne de front du plus grand projet humain jamais realise. Elle avait choisi, sans trop de difficulte.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Il n'y avait pas eu de magie, les choses s'etaient mal passes. Avant d'annoncer la nouvelle de son depart a ses proches, elle s'etait soigneusement prepare. Elle avait recherche les mots les plus justes possibles, ceux qui leur permettraient a tous de comprendre sa decision et de l'accepter. Elle aurait voulu une etreinte chaleureuse de la part d'une mere qui pleurerait tout en souriant, tandis qu'une larme virile et silencieuse coulerait lentement sur la joue d'un pere qui lui dirait «  pars, nous sommes avec toi ». Au lieu de ca, sa mere s'etait presque evanouie et son pere l'avait traitee d'egoiste sans coeur. Il avait ete rejoint par le concert des discours moralisateurs de ses amis. Elle avait finalement abandonne ses explications et s'etait laissee frapper de plein fouet par la souffrance qu'elle leur infligeait a tous. Puis elle etait partie. En embarquant dans le TGV qui devait l'emmener au centre spatial, elle esperait encore voir sur le quai ses parents l'absoudre d'un signe de main, la liberant ainsi d'une partie de sa culpabilite. Il n'en avait rien ete. Elle les faisait souffrir, ils la faisaient souffrir, juste retour de flamme.Mais quand meme, elle aurait bien aime, ca aurait ete plus facile...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Puis elle etait arrivee au centre de formation et la douleur du depart s'etait rapidement attenuee pour faire place a l'excitation du voyage, attenuee jusqu'à bientôt ne plus etre qu'une gene diffuse, un fantome qui surgissait parfois au milieu de la nuit.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Dans le centre, elle avait rejoint ses trois cent petits camarades. Deux cent femmes et cent hommes qui allaient embarquer dans cette aventure. D'apres les geneticiens et ethnologues, trois cent etait le nombre minimum d'individus requis pour donner a la colonie une chance se developper et que sa diversite genetique puisse se maintenir sans apport ulterieur. L'avantage numerique donne aux femmes venait lui de ce qu'elles etaient moins sujettes aux conflits, supportaient mieux la promiscuite, et etaient plus resistanes psychologiquement. Il avait meme ete envisage de ne mettre que des femmes, mais outre la blessure que cela representait pour l;ego masculin, sociologues et psychologues avaient demontre que les relations de couple aidaient au deroulement des longues missions a condition qu'elles n'amenent pas a l'exclusion des celibataires ou a l'isolement des couples. En bref, un tas des cerveaux les plus brillants de la planete avaient avaient pris en compte un tas de parametres dont certains particulierement onbscurs pour finalement arrive a cette repartition. Et Chaque candidat avait ete soigneusement evalue avant d'etre retenu ou rejete.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Les astrononautes du vingtieme siecle auraient dàilleurs probablement etaient surpris par la selection effectuee.  Contrairement a eux, les heureux elus n'avaient pas ete choisis principalement sur leur niveau de competence. Ils etaient sans l'ombre d'un dote bons dans leur specialite, mais generalement pas les meilleurs. Le premier critere de selection avait ete leurs habilites sociales, leurs capacites a cooperer, s'entraider, s'adapter, se recycler. Avoir trois cent genies incapables de travailler ensemble et de s'entendre sur une strategie en l'absence de commandement externe aurait ete peu inutile.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;La preparation du voyage dura une annee. Une annee d'apprentissages technique et psychologique acharnes. Pendant cette periode, les trois cent avaient appris a se connaître, a travailler ensemble. Ils etaient divises en sections de 6 personnes qui pendant la duree du voyage allaient se relayer pour veiller sur le vaisseau et leurs camarades en hibernation. Ils n'auraient rien de particulier a faire, juste etre attentifs a des problemes que ne detecteraient pas les machines et etre prets a faire face a d'eventuels imprevus. On avait mis ces groupes dans les pires situations imaginables, on les avait pousses a bout, epuises. A termes, ils ne devaient former plus qu'un esprit, un corps. Quatre femmes et deux hommes dans chaque groupe, pousses a bout jusqu'à depasser haine, amour, jalousie. Ils n'existaient plus que les uns pour les autres, ne pouvaient rien esperer pour chacun d'eux qui ne soit benefique pour les autres. Il etaient les organes vitaux d'un meme organisme.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Et le jour du depart etait finalement arrive. Deux vaisseaux quitteraient la terre pour la meme destination. Le premier contenait le support logistique. Aucun etre humain a bord, seulement des machines et du materiel. Garce a ca, aucune contrainte sur l'acceleration et la deccelaration du vaisseau n'etaient posees et le temps gagne sur ces deux phases du voyage permettrait aux machines d'arriver pres de cinquante ans avant les hommes. Elles mettraient a profit ce temps pour construire une station orbitale et ainsi qu'un ascenseur spatial la reliant a la surface de la planete. Puis un reseau de satellites de communication et de geolocalisation serait deploye avant que des sondes automatiques se chargent de cartographier Gliese. Les machines etaient organisees en groupes autonomes garantissant que l'echec de l'un d'eux ne mettrait pas en preil l'integralite de la mission. Mais meme si cette hypothese s'averait, la mission humaine etait capable de demarrer la colonisation sans ce soutien initial, il faudrait juste un peu plus de temps a la colonie pour s'installer.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Les machines devaient egalement determiner les sites geographiques les plus propices a l'implantation humaine et mettre en palce les fondements d'une base permanente. Pour ca, elles prendraient en compte des criteres climatiques, geologiques (pour l'acces aux ressources minieres) et biologiques (pour les besoins alimentaires). Elles devaient aussi entamer la nomenclature des especes biologiques et identifier les dangers potentiels pour l'homme. Autant de choses qui accroitraient les chances de reussite des colons.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Le vaisseau humain partirait en meme temps mais arriverait donc cinquante ans apres les machines. En fait de vaisseau, on aurait plutot du parler de flotte. Les risques etaient tels sur un projet de cette envergure qu'on ne pouvait risquer qu'une meteorite egaree pulverise l'appareil a mi-chemin. Pour cette raison, il n'y avait pas un mais quinze vaisseaux, quinze jumeaux, tous interconnectes mais autonomes. Un seul d'entre suffisait a diriger toute la formation. Si un seul d'entre arriivait a destination, il aurait tout de meme des ressources suffisantes pour l'implantation initiale.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Cinq, quatre, trois, deux, un... Installee dans son « congelo » – le caisson de cryogenisation – Celine sombra pour une nuit de 200 ans sans meme entendre la fin du compte a rebours.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;L'instant suivant, 200 ans plus tard, elle se reveillait doucement. Doucement, mais avec un mal de tete carabine. Les medecins l'avaient prevenue que la sortie de l'hibernation ne se faisait pas sans une monumentale gueule de bois. A dire vrai, ils etaient largement en dessous de la relaite. Et a en juger par le visage hilare penche au dessus de son caisson, ca devait se voir sur sa figure. Le visage avait un nom, elle le savait, un nom qui lentement sortait de la brume : Antonio. Elle ne le connaissait pas bien, mais c'etait un gentil garcon, toujours souriant, un peu moqueur. Il l'aida a s'extirper du caisson et a se mettre debout. Outre le mal de crane, elle se sentait nauséeuse et avait du mal a trouver son equilibre. Elle aurait mieux fait de se saouler la gueule avant d'embarquer, au moins sa gueule de bois aurait eu une raison d'etre.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Antonio l'avait abandonnee. Il faisait le tour des cinq autres caissons ouverts d'ou se degageaient peniblement cinq autres mort-vivants. Si elle ressemblait un tant soit peu a Diana, Aurelie, gilles, Anabel et Harry, il fallait qu'elle passe d'urgence dans la salle de bain pour se rendre presentable. Une demi-heure plus tard, apres ce qui avait probablement ete la meilleure douche de leur vie, les six de la releves et les six relevés etaient reunis dans le centre de commandement, les premiers ecoutant attentivement le compte rendu des seconds. En resume: rien. Il ne s'etait rien passe pendant leur periode de veille, pas plus que pendant la precedente ou celle d'avant. En fait, rien depuis qu'ils etaient partis. Les machines tenaient leur rôle a la perfection. Comme prevu, le contact avec la terre avait ete perdu depuis longtemps, de meme que le contact avec le vaisseau eclaireur. Le seul imprevu avait etait un ecart de trajectoire de quelques centaines de millions de kilometres decide par l'ordinateur de bord afin de s'eloigner d'un amas d'asteroide qui auraient pu menacer la flotte avec une probabilite aussi haute que celle de gagner le gros lot au lotto quelques milliers de fois d'affilee. Mais les machines ne sont jamais trop prudentes, et les hommes se rangent souvent a leur avis. Le principal defi pour les six seraient donc gerer leur ennui pendant leurs six mois de veille.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Apres quarante-huit heures d'examens medicaux et psychologiques, et la confirmation que tout allait pour le mieux, Antonio et ses cinq petits camarades passerent officiellement le relai a Celine et se compagnons avant de retourner hiberner jusqu'à la fin du voyage. L'effervescence de ces deux derniers jours s'arreta alors et le vaisseau retomba dans le calme. Les six deciderent alors de s'isoler un peu, pour faire le point, accepter leur nouvelle realite.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Les psychologues avaient prevu ce besoin. N'importe quel quidam qui aurait un peu refleh=chi a la question aurait pu le prevoir en fait. Quelle que soit sa preparation, on ne peut pas vraiment realiser que pendant cette nuit semblable a toutes les autres mais longues de deux cent ans tout ce que vous avez jamais connu a disparu et qu'il n'y a pas de machine arriere.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;C'est le courrier qui les aida a prendre conscience de la fin de leur vie pass&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;e. Les messages envoy&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;s par ceux qui &lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;taient restes sur terre. Les vaisseaux avaient garde contact avec la terre pendant les cinquante premi&lt;span lang="fr-CA"&gt;è&lt;/span&gt;res ann&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;es de leur voyage. D'abord a l'aide d'un faisceau laser acc&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;l&lt;span lang="fr-CA"&gt;è&lt;/span&gt;re qui permettait d'&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;changer les donn&lt;span lang="fr-CA"&gt;é&lt;/span&gt;es relativement rapidement. Quand les distances furent trop importantes pour le laser, ce furent les ondes radios, beaucoup plus lentes, qui apportèrent les messages, jusqu'à ce que la force du signal soit trop faible.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Dans sa messagerie, Céline avait des centaines de messages venant de sa vie passée. Ses amis qui lui avaient écrit, dans un premier temps tout du mois, son frère et sa sœur, et puis sa mère, surtout sa mère.  Sa mère qui pendant quarante ans lui avait chaque semaine envoyé un message. Elle parlait de tout, de rien, de banalités, se comportant comme si sa fille habitait la ville à côté. Elle avait un message de son père aussi, un seul, annonçant la mort de sa mère. Une embolie cérébrale. Et puis fini. Le silence. Le message de son père avait été le dernier. À partir de cette date, plus personne sur terre ne s'était souvenu de son existence, à part peut être quelques serveurs du département comptabilité de l'Agence Spatiale Européenne qui avaient continué, inlassablement, de lui verser sa paye. Un salaire ironique pour ces trois cent colons qui à leur arrivée sur Gliese seraient propriétaires d'une fortune colossale qu'ils ne pourraient pas dépenser.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;C'était dur à accepter. Elle avait toujours cru que l'au-revoir à ses parents avait été le moment difficile. Elle s'était trompée. Plus ou moins inconsciemment, une partie d'elle s'était accrochée à l'espoir que la mission ne partirait pas, qu'elle n'allait pas vraiment partir, qu'ils n'allaient pas vraiment mourir. À tort.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Elle prit une nuit pour faire son deuil. Les autres eurent besoin d'un peu plus de temps. Puis tous se plongèrent dans le travail et l'application de leur routine quotidienne.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Antonio n'avait pas menti: l'évènement le plus marquant des deux cent dernières années avait été un astéroïde imprévu qui aurait éventuellement pu les frôler à quelques centaine de milliers de kilomètres près. Le système de navigation autonome avait anticipé le risque , n'avait pas paniqué, et avait dévié la flotte de la trajectoire initialement prévue. Un détour qui rallongerait leur voyage de plusieurs mois, mais ils n'étaient pas à ça près. Au niveau humain, quelques amourettes saupoudrées d'un peu de jalousie, mais rien de bien sérieux. Si quelqu'un devait un jour raconter leur épopée, il lui faudrait un sacré talent pour rendre les choses intéressantes.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Et la routine s'était rapidement instaurée. Ils s'étaient répartis les quarts. Ça n'avait pas été trop difficile puisque les notions de Dimanche, jour férié, ou simplement nuit et jour étaient déplacées dans leur situation. Les quarts en eux même étaient d'ailleurs relativement peu pénibles. En gros, on pouvait faire ce que l'on voulait pour peu que l'on soit immédiatement disponible en cas de besoin. Et comme le besoin ne se faisait jamais sentir, Big Hal – le système informatique – se chargeait de le créer. Il déclenchait régulièrement des alertes factices à fin d'exercice, juste pour s'assurer que tout le monde garde la main, au cas ou... Et les journées s'écoulaient tranquillement, aussi semblales les unes aux autres que deux mouches sur le cul d'un âne. Il n'y avait rien à faire qu'attendre, rêver, et si possible garder un œil ouvert.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Il y avait près de trois mois que les journées s'écoulaient ainsi. Céline avait trouvé son rythme, elle consacrait la moitié de ses journées à entretenir sa forme physique et à aiguiser ses connaissances; l'autre moitié été réservée à ses loisirs. Elle avait entrepris de découvrir les auteurs grecs, une lacune inacceptable dans sa culture, d'après ses compagnons de voyage en tout cas. Homère, l'odyssée, la guerre de Troie. Les récits l'ennuyaient à mourir, et elles ne reconnaissaient à ces auteurs du passé que le mérite d'avoir été les premiers à raconter une histoire qu'on allait répéter sous de multiples formes pendant les trois millénaires suivants.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;L'assistant personnel accroché à son poignet se mit à vibrer tandis que l'écran affichait un message d'alarme. Céline y jeta un rapide coup d'œil et se dirigea vers la salle de contrôle. C'était le troisième exercice en quatre jours. Que Big Hal s'applique à les garder éveillés était évidemment une bonne chose, mais là ça commençait à lui taper sur les nerfs. Il faudrait voir avec les autres si une réduction de la fréquence des exercices ne serait pas bienvenue.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Ce n'est qu'en pénétrant dans la salle de contrôle que Céline remarqua quelque chose de différent. La bandeau de simulation normalement affiché sur tous les écrans pendant les exercices était absent. Intriguée, elle s'installa devant le poste principal et s'empressa de détailler l'alerte. C'était une ERS, Émission Radio Structurée. En clair, un signal radio dont la signature se détachait suffisamment du bruit de fond cosmique pour avoir susciter l'intérêt de Big Hal. Big Hal qui après avoir mobilisé les radars de tous les appareils de la flotte pour trigonométrer la position de l'émetteur avait jugé pr.f.rable de déclencher une alarme. Pendant ce temps, il poursuivait ses analyses du signal et communiquait ses déductions en temps réel. Non, le signal ne correspondait à aucun phénomène cosmique connu ; ce n'était ni un pulsar ni un groupement d'étoiles dont la rotation produirait un rayonnement périodique. La source se trouvait à proximité, quelques millions de kilomètres à peine, dans un secteur vide de corps célestes. Le signal était clair, fort. Depuis sa détection initiale, Big Hal avait noté des variations de ses fréquence et longueur d'onde toutes les dix minutes, comme si l'émetteur balayait méthodiquement les bandes radio. Big Hal ne donnait pas de conclusion sauf une: le signal n'était très probablement pas naturel.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Un poing invisible se referma sur la poitrine de Céline. L'univers était vaste, les hommes n'avaient certainement découvert qu'une infinité des phénomènes qu'il recelait. Et la science de Big Hal se limitait aux connaissances accumulées par l'humanité au moment de leur départ. Ce signal, la terre l'avait peut être également détecté, et un petit astronome génial aux lunettes épaisses et aux aisselles malodorantes en avait peut être déjà trouvé l'explication. Peut être... Pourtant il y avait une petite chance, tellement ténue en fait qu'elle était à peine envisageable, une chance pourtant bien réelle pour que l'explication ne se trouve pas au cœur des étoiles mais dans leur voisinage, à la surface d'une planète ou d'un astéroïde, là ou quelqu'un ou quelque chose génèrerait un signal « probablement pas naturel ». En dépit de ses efforts pour se raisonner, Céline sentait l'excitation gagner. Les battements de son cœur s'accéléraient. Compte tenu de sa force, ce signal aurait du être détecté bien avant leur départ. Deux cent ans, c'était une éternité pour un homme, c'était une fraction de seconde à l'échelle de l'univers. La probabilité que ce soit un phénomène naturel qui se serait déclenché au beau milieu de leur voyage n'était pas nulle, mais elle était probablement aussi élevée que de trouver les six bon numéros au loto quelques milliers d'années d'affilée.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Elle déclencha la procédure d'urgence générale.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Dans la minute qui suit, ses cinq camarades l'eurent rejoint dans la cabine. En voyant les visages ensommeillés de certaines, son excitation retomba. Elle rougit tandis qu'une vague de gêne s'emparait d'elle. L'alerte générale était sans doute un peu précipitée. Jusqu'à preuve du contraire, si petits hommes verts il y avait, car c'est bien ce qui avait suscité son emballement, ils n'étaient pas sur le point de les désintégrer avec leur blaster à protons. Ils ne les avaient d'ailleurs probablement pas repérés puisque leur flotte n'émettait plus d'ondes radio depuis que le contact avec la terre avait été perdu. Intérieurement, elle reprit son calme et exposa le plus clairement possible les faits, en s'appliquant à rester neutre quant à toute interprétation possible. Puis elle scruta attentivement le visage de ses coéquipiers à la recherche du moindre signe de surprise, de la plus petite palpitation.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Rien.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Tous avaient été attentifs à ses explications, mais personne n'avait réagi. C'est Harry qui, avec un air dubitatif, brisa le silence:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Les  Martiens&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Céline se sentit secrètement soulagée, le gros mot était dit. Harry reprit:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Enfin,  j'imagine que c'est à ça que vous pensez tous. Mais on sait que  c'est ridicule, que la probabilité est bien trop faible. Fermi nous  l'a déjà démontré avec son paradoxe, pas vrai ? Si les martiens  existaient, on les aurait déjà croisés.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;&lt;span lang="fr-CA"&gt;Chloé&lt;/span&gt; enchaina:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;La  probabilité est certainement plus faible en tout cas que celle d'un  nouveau phénomène physique. Quelque chose qu'on aurait jamais  observé jusqu'à aujourd'hui. Ou ça pourrait être un signal  fantôme, un écho ou quelque chose de ce genre. Ou encore plus  probable: une défaillance matérielle.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Céline l'interrompit:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Tu  peux éliminer la défaillance. Tous les vaisseaux rapportent le  même signal, même après re-calibration de leurs capteurs. Big Hal  a déjà vérifié. Deux fois. Il a aussi éliminé la possibilité  d'un écho, il n'y a pas d'étoile suffisamment proche pour créer  un signal aussi fort.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Un nouveau silence s'installa entre les cinq. Mais on y décelait maintenant de la surprise, de l'incrédulité, &lt;span lang="fr-CA"&gt;ainsi qu'&lt;/span&gt;une pointe d'agacement et de frustration. &lt;span lang="fr-CA"&gt;Cet incident brisait leur routine, ce qui n'était pas désagréable, mais il créait déjà des tensions qui n'auraient très probablement aucune raison d'être. Chloé brisa le silence en s'adressant à l'intelligence artificielle:&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Hal,  as tu essayé de répondre au signal ?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;La voix enfantine de l'ordinateur se fit entendre pour la première fois depuis le début de la rencontre:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Non  Chloé. Je ne suis pas habilité à prendre ce type de décision.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Chloé sourit en pensant qu'un programmeur, il y avait deux cent ans, avait envisagé cette possibilité et programmé Big Hal en conséquence. Tour à tour, elle fixa ses cinq camarades:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;On  répond ?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Nouveau silence, cassé par Céline:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Je  suis pour. En répondant, on aura au moins un début de réponse. Si  le signal ne change pas, on saura qu'il n'est pas pour nous et qu'il  n'y a probablement personne derrière. Sinon, et bien peut être  qu'Amstrong devra nous faire un peu de place dans les livres  d'histoire...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;La plaisanterie n'eut pas l'effet escompté. Même Harry ne sourit pas avant de lui répondre:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Et en  disant ça, tu ne prends pas en compte les risques pour nous, pour  la mission, et surtout pour les petits copains sur terre, à  supposer qu'ils ne se soient pas fait sauter depuis qu'on est  partis. Même si j'ai du mal à croire qu'un premier contact entre  deux civilisations assez avancées pour se balader dans l'espace  puisse être inamical, c'est une possibilité qu'on ne peut pas  écarter. Qu'est ce qu'on fait si alien monte à bord, localise la  terre et décide d'aller y faire un tour sans nous demander notre  avis, histoire de voir si ça pourrait être un coin sympa pour ses  prochaines vacances ? Je te rappelle qu'on a pas de gros bouton  rouge avec écrit « auto-destruction » dessus pour se  faire héroïquement sauter la patate au nom de l'espèce dans  l'hypothèse ou ET serait pas très aimable.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Elle détestait quand Harry prenait son ton sacarstico-paternaliste. Mais elle se mordait quand même les lèvres de frustration. Ce qu'il disait était du simple bon sens. Elle s'était laissée emportée par son enthousiasme, la prochaine fois elle tournerait sept fois sa langue dans sa bouche avant de l'ouvrir. Mais il lui paraissait tellement inconcevable que ce premier contact puisse être agressif!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;On  peut utiliser une sonde.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;C'est Tao qui venait de parler, pour la première fois depuis l'alerte. Tout le monde se tourna vers lui.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;A  quoi tu penses au juste ? Questionna Harry&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Ce  serait une sonde éclaireur. On la programmerait pour qu'elle  réponde au signal. Elle le ferait automatiquement quand elle serait  assez loin de nous pour rendre notre localisation très peu  probable, sous des assomptions raisonnables. La sonde ne contiendrai  aucune information sur notre position, ou celle de la terre. Nous,  on se contenterait d'écouter la discussion, et on réfléchira à  la suite s'il se passe quelque chose. Le risque n'est pas nul, parce  qu'on ne connait rien du niveau technologique de notre interlocuteur  potentiel. Mais si on suppose qu'il ne nous a pas déjà repérés,  le danger potentiel est certainement très faible.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div align="justify" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;&lt;span lang="fr-CA"&gt;Les regards se croisaient, chacun essayant de lire dans les pensées des autres. Tao avait raison, le risque était faible. Suffisamment faible pour qu'ils puissent oublier qu'à ce jeu là ils misaient peut être le sort de l'homme. Et la tentation était trop forte. Ils allaient peut être vivre le plus grand événement de l'histoire de l'humanité depuis la découverte du feu. Et tous, en acceptant de participer à cette mission, avaient le secret espoir de cette rencontre. Ils ne pouvaient pas croire en un ET raseur de planètes. Leurs neurones tournaient à plein régime, essayant tant que possible de raisonner rationnellement.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Bon,  qui est en faveur de la proposition de Tao ? Reprit Céline&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Cinq mains se levèrent à l'unisson.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;La préparation de la sonde ne prit que quelques jours. Elle fut programmée pour ne pas enregistrer les détails de son parcours et pour ne pas suivre le trajet le plus direct afin qu'il soit impossible d'extrapoler son point de départ à partir de sa trajectoire. Il fut aussi convenu qu'elle ne commencerait à émettre que deux semaines après son lancement, afin que la distance entre elle et la flotte soit suffisante pour éviter toute détection. C'était un choix plutôt arbitraire vu qu'ils n'avaient aucune idée de l'avancement technologique des émetteurs du signaux, à supposer qu'ils existent.  Deux semaines d'attente pendant lesquelles Céline, Harry, Chloé, Tao et Nina devraient continuer leur routine comme si de rien n'était.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Après quelques jours seulement, Tao remis en question le délai de deux semaines et estima qu'un mois serait plus prudent. Mais comme il était de toute manière trop tard pour pouvoir modifier les instructions de la sonde sans risquer qu'ils soient repérés, Ils décidèrent de modifier la course de la flotte afin de l'éloigner le plus possible de la sonde.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Plus de dix jours d'attente encore. Céline se faisait l'effet d'un lion en cage. La date programmée pour la tentative de contact ne lui sortait pas de la tête. Rien n'y faisait. Elle décrochait au milieu des films, se surprenait à relire dix fois la même page d'un roman sans sans savoir ce qu'elle racontait. Elle se revivait petite fille comptant les semaines, puis les jours, les heures, les secondes avant Noël.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Et finalement, aussi fiable que le père noël, le grand jour arriva.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Les cinq s'étaient réunis dans la salle de contrôle. La tension était perceptible ; dans leur silence, dans la crispation de leurs visages. Céline n'avait ni dormi ni mangé depuis la veille à cause du stress, les autres non plus. Sur l'écran central divisé en deux parties, une représentation du signal envoyé par la sonde occupait la partie gauche tandis que la droite était réservée au signal étranger. Pour l'instant, seule la partie droite s'animait, rythmée par des variations du signal. Plus que quelques secondes avant l'activation de la sonde. Trois, deux, un... La partie gauche s'anima. Des courbe hoquetèrent, gonflèrent, puis se mirent à osciller au rythme des émissions radios de la sonde. Tous les regards convergèrent vers la partie droite. Rien. Le signal continuait son balayage comme il l'avait fait ces trois dernières semaines. L'horloge en haut de l'écran égrena des secondes, puis des minutes, sans qu'hommes ou machines ne repèrent le moindre changement dans le signal. Après l'apnée collective qui les avait initialement frappés, les cinq avaient retrouvé leur souffle. L'excitation était retombée. Sur les visages on lisait clairement déception et frustration. À quoi s'étaient-ils attendus ? À ce qu'ET décroche le combiné à la première sonnerie ? Harry mit fin à l'attente:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Bon,  apparemment il est pas à la maison. On n'a qu'à laisser un message  et rappeler plus tard.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Les autres sourirent à sa remarque. Tension et stress étaient définitevement retombés.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Je  vais poursuivre ma garde. Promis, s'il bouge le moindre orteil je  vous fais signe.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Céline retourna dans sa cabine, la tête dans les nuages. Elle avait allumé un pétard mouillé. C'était rageant. Secrètement, elle y avait tellement cru. Un peu  comme quand en remplissant un ticket de loterie, on se surprend à penser «  Et si... ». Elle s'énervait seule des espoirs qu'elle avait mis dans cette utopie. Elle avait été incapable de faire quoi que ce soit d'efficace ces derniers jours, ceux à venir ne s'annonçaient pas meilleurs.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;L'alarme générale retentit.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Céline se rua au centre de contrôle, mais même ainsi elle ne fut pas la première sur arrivée. Tao était face aux écrans, la main toujours sur la commande d'urgence, une expression de surprise encore figée sur le visage. Sans lâcher l'écran des yeux, il s'adressa aux autres:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Ils  ont répondu. Ils connaissent notre langue, nos protocoles de  communication, notre mission. Ils ont proposé une rencontre&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Tous restèrent bouche-bée après cette annonce, jusqu'à ce que Céline prenne la parole.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;On  leur donne rendez-vous à l'emplacement de la sonde, on met le reste  de la flotte en pilote automatique et on y va avec notre appareil.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;À sa grande surprise, tous acquiescèrent. Tant pis pour les risques, ils voulaient savoir. Céline saisit elle même le message sur la console tandis que Tao se chargeait de programmer la navigation. Le rendez-vous était donné: dans vingt jours à proximité de la sonde. Quasiment immédiatement, leur interlocuteur confirma la rencontre, puis cessa d'émettre.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Vingt jours d'attente. Ils n'auraient pas assez d'ongles à ronger pour tenir jusque là, et les coursives ne seraient jamais assez longues pour les empêcher de virer fous à force de tourne en rond. Ils avaient hésité à utiliser des somnifères, des calmants, ou à se remettre en hibernation pour faire passer le temps plus vite, mais tous avaient écarté cette idée par crainte de rater quelque chose. Ils rongèrent donc patiemment leurs ongles, usèrent le sol des coursives, et scrutèrent les écrans en attendant la rencontre.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Cinq jours avant la rencontre, les radars accrochèrent la sonde. Cholé était de garde, elle fronça un sourcil. Leurs radars n'étaient pas assez puissant pour détecter la sonde à cette distance. Elle re-calibra l'électronique et effectua un second balayage, qui confirma les résultats du premier. Elle fronça les deux sourcils cette fois, et se décida à convoque le reste de l'équipe. La conclusion semblait évident: leur matériel n'étant pas assez performant pour repérer la sonde à cette distance, ce n'est pas la sonde que le radar avait accroché mais un objet beaucoup plus massif. Cinq paires d'yeux fixèrent avec intensité le point vert sur la carte; la première image de leur voisin extra-solaire.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Pendant que le compte à rebours continue de défiler et que la tension ambiante dépassait chaque jours les sommets atteints la veille, les détecteurs donnaient plus d'informations sur sur leur rendez-vous. Quatre jour avant la rencontre, ils savaient que l'objet détecté par le radar était massif; peut être cent fois la masse de leur propre appareil. Trois jours avant, ils en connaissaient la composition chimique ; un alliage de métaux similaire à ceux développés sur terre. Une journée de plus et ils décelaient autour de ce mastodonte une multitude de vaisseaux plus petits. La veille de la rencontre, ils obtenaient les premières images nettes du vaisseau. C'était une une sorte de plateforme dont la forme évoquait vaguement les porte-avions d'antan.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Douze heures avant la rencontre, un nouveau message les informa qu'une navette avait été envoyée à leur rencontre. Le contact était prévu dans moins de deux heures.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Dans le centre de pilotage, les cinq étaient réunis. Aucun ne parlait, une tension presque palpable flottait dans l'air, accompagnée d'une panique invisible. Ils ne s'étaient plus concertés depuis le dernier message. Ils n'avaient même pas défini de plan pour la rencontre. Qui devait parler ? Comment se connecter à un vaisseau inconnu ? Que faire si les choses tournaient mal ? Hébétés, ils ne pouvaient détacher leur regard du compte à rebours qui inexorablement égrenait les secondes. Ils se comportaient comme s'ils avaient abandonné à leurs visiteurs le soin d'organiser la rencontre, et aucun d'eux ne semblait en mesure de reprendre les choses en main.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Céline, elle, luttait contre ses propres démons. Elle sentait affleurer à la surface de son inconscient une peur primitive, celle de l'enfance, des monstres tapis sous les lits ou sous la surface d'eaux trop sombres pour qu'on en voie le fond. Elle ressentait l'envie de se trouver une cachette sure, un endroit ou elle pourrait disparaître, gagner du temps pour se préparer et choisir le bon moment pour affronter ET. Et elle refusait de laisser remonter cette terreur, elle ne devait pas la laisser paraître sous peine de contaminer les autres. À supposer qu'ils ne le soient pas déjà...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Et puis de toute manière, il n'y avait rien d'autre à faire qu'attendre. Leurs visiteurs leur avaient envoyé les informations strictement nécessaires à la rencontre, et eux n'avaient pas envisager de leur poser plus de questions. Ils verraient bien le moment venu.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Quinze minutes avant le rendez-vous, un nouveau message s'afficha.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Ne  paniquez pas, nous allons prendre le contrôle de votre appareil  afin d'effectuer la manœuvre d'arrimage.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Dans les secondes qui suivirent, Big Hal annonça que le contrôle venait d'être cédé à la navette en approche. Ce qui signifiait que toutes les mesures de sécurité avaient été contournées et que l'équipage du vaisseau n'avait plus aucun contrôle sur lui. Même avec les plus puissants de leurs ordinateurs, il aurait fallu plusieurs milliards d'années pour arriver à casser les codes d'authentification et de cryptage. Étonnamment, ça ne surprenait aucun d'entre eux. Ils allaient rencontrer une civilisation dont la technologie serait dans le meilleur des cas au niveau de la leur ; elle aurait plus probablement quelques milliers d'années d'avance sur la leur à en juger par ce qu'ils venaient de faire. Quand on voyait qu'en deux cent ans l'humanité était passée du cheval de trait au voyage dans l'espace, comment imaginer ce que donnerait cent mille ans d'évolution supplémentaire ?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Une secousse à peine perceptible traversa le vaisseau, Big Hal confirma la réussite de l'arrimage. Un nouveau message s'afficha.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;nous  entrons. N'ayez aucune crainte, nous ne sommes ni armés, ni  hostiles.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Les cinq ne bougèrent pas. Ils restaient dans le centre de contrôle comme si parcourir les quelques dizaines de mètres qui les séparaient du sas constituait un effort insurmontable.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Longues, pesantes, les secondes s'écoulaient. Des larmes coulaient sur les jours de Chloé, silencieusement, sans un sanglot, seule preuve de la vague de terreur qu'elle tentait de contenir.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Quand la porte s'ouvrit, Chloé effaça ses larmes d'un mouvement rapide. Les cinq se redressèrent et braquèrent leurs regards vers l'entrée, ne témoignant en rien des bouleversements qui les secouaient.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Une combinaison spatiale entra dans la pièce. Deux jambes, deux bras avec cinq doigts dont deux pouces opposables. Une silhouette très humaine. Aussi humaine en fait que la tête posée à son sommet. Une tête au visage calme, souriant, qui fixa tour chacun des cinq astronautes avant de parler.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;ul&gt;&lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Je  m'appelle Dimitri, je suis psychologue pour l'agence spatiale  européenne. Content de vous avoir retrouvés.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Sur les visages, l'impassibilité de façade avait disparu à l'instant même ou Dimitri était entré. On y lisait maintenant un mélange de surprise, d'incrédulité, et d'incompréhension.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Et tranquillement, Dimitri leur expliqua. L'agence était à leur recherche depuis longtemps. Au cours des cinquante dernières années, plusieurs missions avaient été dépêchées avant la sienne pour les retrouver, mais aucune n'était arrivé à les localiser. Les sondes automatiques programmées pour suivre leur parcours à la lettre étaient toutes rentrées bredouilles. On en avait déduit que la mission s'était écartée du trajet prévu. En partant de cette hypothèse, les conditions de leur trajet avaient été reconstituées avec le plus de précision possible grâce aux données collectées par les sondes. L'agence avait alors ressorti de ses archives une copie de Big Hal et l'avait mis dans le contexte afin d'étudier ses décisions. Constatant que Hal aurait choisi d'effectuer un détour pour diminuer les risques de collisions avec des astéroïdes, ils avaient ajusté leur zone de recherche en conséquence. La suite, ils la connaissaient. Lui et son équipe avaient été chargés d'établir le contact et de les aider à rejoindre plus rapidement Gliese et à accepter une nouvelle réalité: pendant leur voyage, les technologies avaient énormément progressé sur terre, beaucoup plus en fait que ce qu'on aurait pu le prévoir. Suffisamment en fait pour que le voyage vers Gliese ne soit plus qu'une question de mois. Gliese était colonisée maintenant, tout comme une cinquantaine d'autres planètes. Tous les cinq ainsi que leurs trois cent petits camarades y seraient pris en charge dès leur arrivée afin de faciliter leur réinsertion. Ils pourraient choisir de s'y installer ou de retourner sur terre, à leur préférence. Leur paye accumulée les attendait et leur permettrait de vivre très confortablement. Il savait que c'était une nouvelle difficile à accepter, mais lui et son équipe étaient là pour les aider, pour en parler.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align="justify" lang="fr-CA" style="margin-bottom: 0.5cm;"&gt;Sur la joue de Céline, une larme coulait.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/891173348695324125-7317707273467574585?l=unpeudelecture.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://unpeudelecture.blogspot.com/feeds/7317707273467574585/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=891173348695324125&amp;postID=7317707273467574585' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/891173348695324125/posts/default/7317707273467574585'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/891173348695324125/posts/default/7317707273467574585'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://unpeudelecture.blogspot.com/2009/11/conquete.html' title='Conquête'/><author><name>Solcain Kappler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-891173348695324125.post-1160795913554609622</id><published>2009-09-01T09:48:00.000-04:00</published><updated>2009-11-07T10:15:27.996-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='guerre'/><title type='text'>En attendant la relève</title><content type='html'>&lt;style type="text/css"&gt;  &lt;!--   @page { size: 13.97cm 21.59cm; margin-right: 1.5cm; margin-top: 1.27cm; margin-bottom: 1.27cm }   P { margin-bottom: 0.21cm }  --&gt;  &lt;/style&gt; &lt;br /&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;Le pont grince. Je me demande si ses concepteurs avaient pensé à ça quand ils en ont dessiné les plans. Sûrement, oui. Il grince et j’ai parfois l'impression qu’il plie, qu’il soupire sous le poids de ces pauvres gens. Ca fait deux jours que c’est comme ça. Depuis que je suis arrivée en fait. Au début il n'y en avait que quelques uns, &lt;/span&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;passant en trombe dans des tractions-avant rutilantes. Sans doute des gens importants qui avaient su se procurer de l'essence malgré les restrictions. &lt;/span&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;Puis les voitures &lt;/span&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;s’étaient faites moins neuves, plus modestes. Des véhicules remisés au garage il y a quelques temps avec des bidons d'essence - au cas où - et qu'on avait ressortis précipitamment hier ou avant-hier. Ils grossissaient le flot et se heurtaient à un pont de plus en plus étroit, encombré. Rageurs, les conducteurs klaxonnaient sans fin exigeant que la voie leur soit dégagée, brûlant leur précieuse essence coincés au pas derrière des charrettes de paysans dont les chevaux blasés n'en étaient plus à la première guerre. Tous s’acharnaient à sucer jusqu’à la dernière goutte de carburant avant que leur voiture finalement ne se taise. La même scène semblait se répéter à l’infini.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;Noyée dans le flot des fuyards, &lt;/span&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;une voiture hoquette une première fois. Son maître se crispe sur le volant feignant de n'avoir rien entendu. La jauge est faussée, il connaît la bête, il doit lui rester de quoi faire trente kilomètres au bas mot. D'ici là, il trouvera sûrement de l'essence. &lt;/span&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;Nouveau hoquet, plus &lt;/span&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;marqué. &lt;/span&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Installée dans le siège passager, encombrée d’un gros sac d’affaires et d’un marmot, sa femme le regarde avec angoisse. Elle devine la tension dans la nuque de son mari, observe du coin de l’œil le visage crispé et les yeux braqués sur la charrette qui les bloque. Elle n'ose pas lui parler mais voudrait qu'il la rassure, qu’il lui dise que ce n'est rien, seulement la chaleur et le manque d’air et que tout rentrera dans l'ordre dès qu'ils auront passé le pont. Mais elle sait que non. Elle a vu les épaves abandonnées le long de la route. Même les militaires n'ont plus d'essence.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;Le moteur broute&lt;/span&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt; une nouvelle fois, puis hoquette encore. Une, deux, trois fois. Il s'éteint. &lt;/span&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;Sans un mot &lt;/span&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;l’homme descend de voiture et ouvre le capot. Manches relevées, une clé à la main, il va régler le problème. Ça s'impatiente derrière. L’enfant s'est mis à pleurer, la femme le berce mécaniquement. Une charrette surchargée essaie de les contourner sans succès. Il faudrait pousser la voiture sur le bas-côté mais l'homme refuse. Elle va repartir, il le sait, il la connaît bien. Il a seulement besoin de quelques minutes et d’un coup de main. Il s'explique poliment, cherche à convaincre, demande de l'aide, puis crie, hurle, insulte. Encore dix minutes et le flot rejette la carcasse métallique qui l’entrave. &lt;/span&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;J’ai perdu le compte de ces cadavres échoués de part et d’autre du pont. Je n’imagine pas combien il y en a le long de cette route.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Lorsque j'ai rejoint la section au moulin, le sergent m'a ordonné de ne pas m'occuper des réfugiés.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;- Si tu en aides un, les autres comprennent pas pourquoi tu l'as choisi lui. Après, c'est le bordel. Alors un conseil, tu restes à l'écart.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Il n'est pas méchant le sergent, il veut simplement éviter les ennuis. De toute façon on ne pourrait pas faire grand chose pour les aider. Tout ce qu'on a ce sont nos fusils, deux sacs de patates et nos vélos.  Des fusils, il suffit de se baisser sur le bord des routes pour en ramasser. Ce sont ceux du front qui les ont abandonnés pour fuir plus vite. Les patates, on a même pas eu besoin d’y toucher tellement il y a de nourriture dans les véhicules abandonnés, à croire que ces paysans sont partis avec leurs récoltes. Seules nos bicyclettes pourraient les intéresser mais on ne peut pas les leur laisser. L'état major nous a ordonné de veiller sur elles comme sur la prunelle de nos yeux, en prévision de la contre-offensive. Alors on laisse passer le flot et on attend.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;Notre mission consiste à protéger ce pont coûte que coûte. Si le pont est détruit, la contre-offensive pourrait être retardée de plusieurs jours. Alors &lt;/span&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;les dix que nous sommes doivent tenir tête à l'armée allemande. Mais inutile de nous inquiéter, il s’agit seulement de tenir quelques heures, quelques jours tout au plus. D’après l’état major, des renforts nous sont dépêchés de toute urgence et les réserves de l'aviation stationnées dans le sud du pays seront bientôt ici. « La victoire est au bout du fusil », à condition qu’on garde le pont. Alors on le garde... &lt;/span&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;En fait de garde, il s’agirait plutôt d’attente. Les allemands sont derrière cette marée humaine, c'est certain. La seule chose qu'on ne sache pas, c'est ou exactement. Alors on glane des informations auprès des réfugiés. On offre une cigarette à l’un d’entre eux et on le laisse déblatérer ses malheurs d'une oreille distraite, attendant seulement l'information qui nous intéresse : Où sont les boches ? Combien sont ils ? Ont-ils des tanks ? Mais ils n'en savent pas plus que nous. Comme ce pauvre vieux en train de me parler. Il est parti en même temps que le reste du troupeau. Quelqu'un dans son village a donné le signal du départ en jurant avoir aperçu des parachutistes. Personne n’a voulu prendre le risque de vérifier. En quelques heures tous les habitants étaient sur la route. Il a les mains qui tremblent et tire sur sa cigarette comme sur celle d'un condamné. Ses yeux braqués sur moi ne me voient pas. Il raconte qu'il aurait voulu se battre avec nous, mais qu’il ne peut plus. A cause de ses poumons. Les gaz. Il y a vingt ans.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Les gaz...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Est ce que c'est ce qui nous attend ? Les autres gars de la section ne sont pas des héros mais ils sont prêts à se battre. Ils ne savent pas bien pourquoi ils se sont retrouvés là mais ont accepté les discours sur la nécessité de cette guerre. Ils ont quitté ensemble leur village breton pour se retrouver ensemble à garder ce pont. C'est la politique de l'état major : les soldats désertent moins et meurent plus volontiers quand ils n'ont pas l'impression d'être seuls. Même le sergent vient d'un patelin voisin du leur. Ça crée des liens. Moi je suis du sud.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;Quand j'ai reçu mon ordre de mobilisation il y a deux semaines, j'espérais partir &lt;/span&gt;&lt;span lang="fr-FR"&gt;pour la frontière italienne, pas trop loin de la maison. J’ai été envoyé en Alsace. Sur la vingtaine de mobilisés du village, j’étais le seul à partir pour le nord. Pas de chance. Mais je n’ai pas trop à me plaindre. Je ne suis pas en première ligne et c'est un pont secondaire. Peut être que les Allemands ne prendront même pas la peine de passer par ici. Et les gars sont de braves bougres. La première soirée ils ont fait l'effort de parler français pour que je ne me sente pas exclu. Mais je ne suis pas très bavard, pas très marrant. J'écoutais leurs histoires en souriant et en fumant. Alors ils se sont bientôt remis au breton tandis que l'un d'entre eux me traduisait. Puis il s'est lassé. Maintenant je reste en retrait à fumer mes cigarettes et à les écouter rire d'histoires que je ne comprends pas. Le temps passe lentement, rythmé par les tours de garde. J’aime penser que les allemands ne savent pas que ce pont existe, qu’ils ne viendront jamais. &lt;/span&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Il est six heures. En sortant du moulin à aube je me heurte au flot des fuyards. La nuit ne l'a pas endigué mais elle l'a sérieusement ralenti. Je traverse le pont pour rejoindre le poste de garde sur l'autre berge et croise des fantômes. Il n'y a plus de voitures, plus de charrettes, seulement des piétons traînant sur leur dos les affaires qu'ils ne se sont pas encore résignés à abandonner.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Gaël ne semble pas pressé d'être relevé. Allongé sous le toit de planches qui forme notre abri de fortune, caché derrière les sacs de sable, il dort si profondément que le troisième Reich au complet aurait pu passer à côté sans le réveiller. Je lui tape sur l'épaule sans qu'il bronche, puis répète l'opération en insistant et en l'appelant.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;- Oh, Gaël, tu dors !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Il sursaute, ouvre de grands yeux paniqués, se calme très vite et affiche un sourire bête. En rigolant un peu, il se lève, prend son fusil et avant de partir me lance&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;- Ah ben, tu sais ce que c'est...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Deux minutes plus tard il a franchi le pont et disparaît dans le moulin. Pendant quatre heures je vais être seul avec les fantômes. Quand on pense à ce qui peut nous attendre, on apprécie un peu plus chaque seconde qui s'écoule paisiblement. Je repense au vieil homme de tout à l'heure. Dans ses yeux il y avait sa mort, celle vécue vingt ans auparavant. Les gaz...&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Se battre contre des hommes, c'est acceptable. Même avec un vieux fusil et des munitions rationnées on peut s'en tirer. Il s'agit de viser juste, de faire mouche à chaque fois et on peut s'en sortir vivant. Ca laisse un peu d’espoir. Mais qu'est ce qu'on peut faire contre des avions ? Quelles sont nos chances face à un char ?  Et contre les gaz ?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Il parait que le plus dur avec les gaz n'est pas de mourir mais de survivre. Les morts n'ont pas le temps de comprendre ce qui leur arrive. Ce sont les blessés qui souffrent quand ils ont respiré une fois de trop avant d'enfiler leur masque. Ils peuvent mettre des semaines, des mois, des années même, à mourir.  Crachant leurs poumons petit bout par petit bout. À choisir... À choisir, je préfèrerais autant rentrer à la maison.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;J'ai quatre heures à tuer avant que Leguernec vienne me relever. Je m'installe de mon mieux dans le trou, les cigarettes à portée de main. Le ciel est déjà bleu, la journée s'annonce belle. Je devrais être à la plage pour le premier bain de l'année au lieu d'être ici. Une cigarette au bec je m'allonge sur le dos et joue avec les rais de lumière qui se glissent entre les interstices des planches.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Les dernières nouvelles officielles de la guerre c'est moi qui les ai apportées en rejoignant la section mardi dernier. Il peut s'en passer des choses en deux jours. La guerre pourrait déjà être perdue qu'on ne le saurait pas. Il serait vraiment con de se battre héroïquement pour un drapeau déjà tombé. Ce serait bien qu'elle soit terminée, on pourrait rentrer, passer à autre chose. Je retrouverais mes élèves et pourrais à nouveau faire quelque chose d'utile. Ce serait bien.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Il y a du bruit sur la route. J'ai du m'assoupir. J'attrape mon fusil et lève la tête par dessus les sacs de sable. Pas trop haut, on ne sait jamais. Il y a moins de monde que tout à l'heure sur la route mais ils ont l'air excité. Tous ont forcé le pas, tant bien que mal. Certains courent presque et se retournent frénétiquement. Une sueur froide glisse le long de mon cou, je sens mon cœur s'emballer. Un bruit de moteur gonfle dans notre direction. Ça vient du village, ça suit la route. Merde ! Ça ne peut pas être les Allemands, pas déjà! Et je suis seul, je ne peux rien faire. Je devrais aller chercher les autres, le sergent. Mes mains sont cramponnées au fusil, elles le serrent à en faire blanchir les phalanges. Sur la route c'est la panique. Le bruit du moteur s'est fait plus puissant. Je le devine ricochant sur les façades des maisons qui longent l'artère principale du village, rebondissant jusqu'à la petite esplanade qui sépare le pont de l'entrée du village, avec moi au milieu. Tout mon corps est paralysé par un sentiment qui est bien au-delà de la peur, au-delà de la terreur. Il y a un monstre en train de traverser le village et il vient droit sur moi. A dix mètres une femme abandonne ses affaires et jette ses deux enfants dans le fossé. En criant, en pleurant, elle leur ordonne de s'allonger et de ne plus bouger, quoi qu'il arrive. La bête est là, au détour du virage. Elle fait vibrer le sol, je peux le sentir. Encore une seconde et elle sera devant moi.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Et elle passe.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Cinquante mètres au dessus de la route. Peut être moins. Avec de grosses croix blanches et noires sous les ailes. Un avion de reconnaissance allemand. Le poste de garde est en contrebas du village, les maisons sont hautes, l'avion volait bas, ça explique que je ne l'ai pas vu venir. Les civils sortent timidement du fossé. L'avion a fait demi tour un peu plus loin et reprend tranquillement de l'altitude. La femme a récupéré ses enfants mais pas ses affaires. Elle a du prendre conscience de ce qui lui était vraiment précieux et met toutes les chances de son côté pour le sauver. Mes phalanges sont douloureuses tellement j'ai serré fort ce fusil. Mes doigts se déplient difficilement mais ça va mieux. Le soulagement irradie tous mes muscles et ils se décontractent doucement. Ça ne pouvait pas être autre chose, ils ne pouvaient pas être ici, pas déjà.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Je me surprends à sourire. Comme si cette fausse alerte marquait la fin des hostilités. Mais on n’envoie pas d’avion de reconnaissance pour s’amuser. Si celui-ci volait si bas en dépit des risques c'est qu'il avait besoin de voir de près. Et s'il a fait demi-tour après nous avoir survolé, c'est qu'il a trouvé ce qu'il était venu chercher. Nous ? Le pont ? Les allemands veulent savoir si le pont est intact et s'il est défendu ? C'est qu'ils ont besoin de lui alors, c'est qu'ils vont le prendre, c'est qu'ils arrivent. L'armée allemande a décidé de passer par ici et dix paysans et un instituteur devraient l'en dissuader ! Il faut que je me calme. Cet avion pourrait signifier mille autres choses. Les Allemands ne sont pas loin, c'est vrai, et ils doivent collecter des renseignements sur nos troupes, chercher où se trouve leur véritable ennemi, déterminer où se joueront les véritables batailles. Et que va rapporter ce pilote ? La photo d'un pauvre con dans son trou surveillant un village sans intérêt. Rien qui vaille la peine de déplacer la Wehrmacht. Et il y a bien d'autres ponts, plus larges, plus solides, plus faciles d'accès. Ils choisiront peut être celui-ci, mais rien n'est moins sûr, et cet avion ne veut rien dire.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Quand Dumont vient me relever, je suis toujours en train d'évaluer les probabilités pour que les Allemands passent par ici. Combien en faudrait-il pour que le sergent décide que l'on se rende ? J'imagine que Dumont comme les autres gars doit se poser cette question mais il n'en dit rien, me lançant un bref salut au moment de prendre ma place. Mon prochain tour de garde est programmé pour cette nuit, de deux à six. J'ai du temps devant moi.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Quand ils ne sont pas de garde ou de corvée, la principale activité des gars est de jouer aux cartes ou aux dés. Ils ne boivent pas, le sergent a été clair à ce sujet :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;- Que ce soit pour vous battre ou vous barrer, vous feriez mieux de pas être bourrés !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Je passe mon temps à lire où à regarder défiler la caravane des civils. J'ai terminé mon dernier livre et il n'y a plus grand chose à regarder dehors. Depuis midi personne n'a franchi le front hormis les sentinelles pour leur changement de garde. La fin du jour s'annonce déjà.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Le sergent et Leguernec ont trouvé des poulets dans une ferme voisine, Dumont s'est lancé dans la préparation d'un ragoût mémorable, selon lui. Il a le sens de l'hyperbole, mais son ragoût n'est pas mauvais. La nuit tombe vite, je ne m'attarde pas avec les autres et prétexte mon tour de garde de deux heures pour rejoindre ma paillasse. En fait, je n'ai pas sommeil. J'ai une boule au fond du ventre qui refuse de s'évanouir. Et en dépit de leurs blagues et de leurs rires je sais que les autres la sentent également. Il y a une tension dans l'air, comme un courant électrique qui nous parcourt tous pour nous avertir que les choses vont bientôt commencer. La nuit est trop calme, trop silencieuse. La litanie des civils traversant le pont nous rassuraient. L'ennemi était derrière eux. Maintenant il n'y a plus que le silence. Pendant le repas, les boutades lancées à Dumont sur son ragoût masquaient mal les inquiétudes qui réapparaissaient comme au premier jour de la guerre. Les rumeurs. Il parait que des commandos sont parachutés derrière nos lignes. Ce sont parfois des fantômes tout de noir vêtu qui guettent et n'attendent qu'un moment d’assoupissement pour vous égorger. D'autres fois ce sont des femmes, des enfants qui se faisant passer pour des civils vous filent un pain ou une bouteille empoisonnés. Ces histoires tournent et retournent, passées de bouche en bouche, toujours certifiées par un copain qui la tient d'un gars de la division X. Ça alimente la haine de ces salauds de boches qui n'osent pas se battre en homme. Moi je m'en fous. Ce qui me fait peur justement, c'est qu'ils se décident à venir se battre en hommes. Qu'ils arrivent de l'autre côté du pont avec leurs avions, leurs tanks, leurs mitrailleuses et nous en face. Une main me secoue fermement, c'est Pennac qui me signale que je dois prendre mon tour. J'ai l'impression de ne pas avoir dormi, je finis de me réveiller en traversant le pont silencieux. La sentinelle vient à ma rencontre et me lance un joyeux "bonne nuit". Je la sens soulagée, comme si rentrer au moulin la mettait en sécurité, la protégeait de la guerre qui s'en vient. On pourrait presque l'entendre siffloter. Je l'envie.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Assis dans l'obscurité, je scrute les ténèbres les plus impénétrables que j'ai jamais vues. Les boches pourraient s'approcher à dix mètres sans que je m'en aperçoive. J'essaie de me concentrer sur mes autres sens. Le toucher, l'odorat et le goût ne me servent pas à grand-chose, je me rabats sur l'ouïe. Mais la rivière dans mon dos me joue des tours. Je me retourne paniqué toutes les cinq minutes, trompé par le clapotis de l'eau sur la berge qui m'a fait croire au débarquement d'un commando. Quand ce ne sont pas les clapotis, c'est la brise dans les arbres voisins qui me fait transpirer. J'entends des pas dans l'herbe, des pas qui s'arrêtent dès que je les remarque. Ils s'approchent furtivement, mais j'ai beau scruter la nuit je ne vois rien. Il est à peine trois heures du matin. Les trois heures qui me restent à tenir vont me rendre fou. Et si elles ne le font pas ce seront les suivantes, ou celles d'après à moins que les Allemands fassent qu'elles n'arrivent jamais.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Cette fois ci c'est sûr, il y a eu un bruit. Quelque chose de pas naturel. Un son métallique. Je brandis mon fusil et mets en joue une cible imaginaire dissimulée dans l’obscurité. De toute façon, même si j'avais quelque chose à viser j'aurais bien du mal à l'ajuster tellement je tremble. Tout mon corps est parcouru d'une vibration incontrôlable. Je voudrais appuyer sur la gâchette mais n'ose pas, peut être qu'ils ne m'ont pas encore repéré. Je n'entends plus rien et la nuit est toujours aussi sombre en dépit de mes efforts pour la percer. Pourtant, je suis sûr qu'il y a quelque chose ou quelqu'un en face de moi, en direction du village. Je devrais bouger, m'abriter derrière les sacs de sable et jeter un nouveau coup d'œil dans quelques secondes. Immobile comme je suis, je dois être une vraie cible d'entraînement. Mais mes muscles ne répondent plus. Je reste cramponné à mon fusil à menacer la nuit.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;- Oh, du con, reste tranquille, hein ! Tu veux pas zigouiller un copain, pas vrai ?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Ça parle avec un accent marseillais. Un vrai, celui que les parisiens associent à tort à tous les provençaux, celui avec le vieux port et la bouillabaisse dedans. Et ça reprend :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;- Bon, je suis derrière le muret de la première maison du village, celui avec le jardin derrière. Je suis à vélo et comme je veux pas me casser les dents en pédalant les mains en l'air, ça serait bien que tu me dises que je peux y aller sans risquer d'être farci au plomb.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;J'ai arrêté de trembler. La boule dans mon ventre s'est volatilisée. Hitler et Pagnol ont signé la paix, la guerre est finie.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;- Oh jeune, tu m'entends ? Je peux y aller ?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;La guerre est peut être finie, mais Pagnol reste prudent, on ne sait jamais. Je finis par lui lancer :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;- viens, viens, c'est bon !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Le bruit métallique reprend au gré des tours de pédalier de Pagnol. Sa silhouette se dessine progressivement dans l'obscurité. Courbé sur un vélo grinçant il pédale tranquillement jusqu'à arriver à mon niveau. Il a un fusil en bandoulière et une besace fermée. Il s'arrête, adosse son vélo aux sacs de sable et me tend une main qu'il accompagne d'un sourire plein de dents.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;- Oh con, j'ai bien cru que tu allais me mettre un pruneau. Après le mal que j’ai eu à échapper aux boches, ça aurait été vraiment con, pas vrai ?&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Et en rigolant de sa propre blague, il ouvre sa besace et en sort une bouteille de rouge qu'il débouchonne d'une seule main. Il en avale une grosse lampée puis me tend la bouteille en se présentant  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;- Caporal Louis Legros, du quatrième régiment d'éclaireurs.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Finalement, Pagnol s'appelle Louis. Et Louis me raconte ce qu'il fait là au milieu de la nuit. L'état major l'a dépêché en mission il y a deux jours pour reconnaître la position des troupes allemandes. Apparemment, il ne faut plus trop compter sur l'aviation pour ça. Il traverse la rivière au niveau du pont le plus proche et avance jusqu'à tomber presque  nez à nez avec une division blindée ennemie. Estimant son devoir fait, il tourne les talons pour revenir faire son rapport. Mais en arrivant au pont, il est bloqué sur l'autre rive parce que "ces sans-couilles ont fait sauter les piles sans avoir vu l'ombre d'un boche !". Ne sachant pas nager et ne voulant de toute façon pas abandonner son vélo (contre-offensive oblige), il décide de longer la rive jusqu'à trouver un autre endroit où traverser, ce qui l'amène à ce pont-ci et par la même occasion à moi. Moi qui passe à deux doigts de lui mettre une balle dans le buffet en le prenant pour la wehrmacht.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Mais il n'est pas rancunier Louis. Il me parle comme à un copain de toujours, comme si la guerre n'existait pas. Il râle après la bouffe de l'intendance, se plaint du manque de cigarettes, m'en fauche cinq "pour plus tard", s'extasie sur la petite ferme dans laquelle il a récupéré sa bouteille. C'est un vrai moulin à parole, je me contente de l'encourager de temps en temps d'un petit hochement de tête accompagné d'un marmonnement approbateur. Il aurait sans doute pu continuer toute la nuit mais finit par s'exclamer que l'état major doit s'impatienter ; comme il l'aurait dit de sa femme après une soirée au bistro.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Je lui donne mon nom et celui du sergent afin qu'il ne se fasse pas épingler par les gars en arrivant de l'autre côté du pont. On se dit au revoir comme deux vieux copains et il repart sur sa bicyclette, s’engageant sur le pont pour disparaître à nouveau dans la nuit. J'entends sa voix indistinctement alors qu'il doit atteindre le moulin, puis plus rien. Il est parti, je suis de nouveau seul.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Il est un peu plus de cinq heures du matin maintenant. La nuit se retire lentement, chassée par le jour qui pointe. J'allume une cigarette et réfléchis à ce que je vais faire dans une heure, après mon tour de garde. Le pont le plus proche est détruit et il y a une division blindée allemande pas très loin. Je regarde mon fusil, à quoi me servirait-il face à un tank ? On prétend qu'en visant droit dans le canon on peut toucher la tête d'un obus et faire sauter le char. Autant pisser sur les chenilles en espérant les faire rouiller. Le calme que m'avait apporté Pagnol a disparu. Je suis de nouveau nerveux, mes mains se sont remises à trembler. J'essaie de respirer profondément, de calmer les battements de mon coeur, de m'apaiser en faisant le vide mais quelque chose m'en empêche. Un bruit. Un bourdonnement plus précisément. C'est faible et noyé par les bruits du petit matin, mais il y a bien comme un lointain bruit de moteur. Je ferme les yeux et me concentre sur ce bruit. Il se fait plus net, se précise au fur et à mesure que les minutes s'écoulent. Ça ne peut pas être l'avion d'hier il serait déjà sur moi. Je sais ce que c'est. Je le sais mais ne peux pas le dire, même silencieusement. Il est cinq heures quarante cinq. Encore quinze minutes et Leguernec va me remplacer. Je lui expliquerai ce qu'il en est, il prendra ma place et j'irai faire mon rapport au sergent. J'aurai fait mon devoir. J'aurai veillé sur eux pendant la nuit, je leur aurai dit de se préparer. Et puis après je dirai que j'ai besoin d'aller chier, ce sera une bonne raison pour m'éloigner un peu. Ils seront nerveux, le sergent enverra tout le monde de l'autre côté du pont pour se préparer. Il donnera ses ordres en breton parce que c'est leur langue et tous ils m'oublieront. Je ne leur servirais à rien de toute façon, avec mes mains tremblantes, mes palpitations, et cette bouillie peureuse à la place des tripes. Au fond d'eux même, ils savent se battre, ils l'ont toujours su. Moi pas. Encore quinze minutes et je serai libre. C'est court quinze minutes, on a rien le temps de faire en quinze minutes. Et les allemands ne sont pas pressés. Il faut qu'ils soient prudents, ils ne peuvent pas se précipiter dans le village pour prendre le pont. Peut être que leurs informations sont fausses, qu'il n 'y a pas juste un seul homme dans son trou en train de garder le passage. Il pourrait y avoir des dizaines de soldats cachés dans les maisons, des canons anti-chars en batterie prêts à les accueillir. Ils sont intelligents, prudents. Ils enverront des avions bombarder un peu d'abord, puis pilonneront avec leur artillerie, avant d'envoyer quelques hommes en reconnaissance.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;A ce moment là seulement ils s'avanceront vers le pont, mais ce ne sera pas avant plusieurs heures, certainement pas avant la fin de mon tour de garde en tout cas. Le bruit des moteurs est clair maintenant, porté par la brise matinale.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Cinq heures cinquante trois à ma montre, je me retourne nerveusement pour essayer d'apercevoir Leguernec sur le pont. Il n 'y a personne. Le bruit des moteurs s'est stabilisé. Les tanks ont du arriver à l'entrée opposée du village, à moins de cinq cent mètres d'ici. Ils ont du envoyer des éclaireurs s’assurer que la voie est dégagée. Cinq heures cinquante sept, toujours personne sur le pont. Merde ! Qu'est ce qu'il fout ! Ou plutôt, qu'est ce qu'ils foutent. Leguernec devrait déjà être sur le pont, mais les autres auraient du sortir aussi ! Ils ne sont même pas à deux cent mètres d'ici, ils ont du entendre les moteurs, ils devraient venir voir ce qui se passe.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Mes yeux passent frénétiquement de ma montre au pont, du pont à l'entrée du village, du village à ma montre. La trotteuse saute si péniblement d'une seconde à l'autre qu'elle semble sur le point de s'arrêter. Le jour est levé maintenant, je distingue clairement le moulin, le muret entourant la courette, mais toujours personne sur le pont. Mais qu'est ce qu'il fout Leguernec, bordel !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Les moteurs se sont tus. Le silence me frappe comme une pierre, mon cœur s'arrête. Il n'y a plus rien, plus un bruit. Pas un sifflement d'oiseau, pas un bourdonnement. Même la rivière s'est faite silencieuse. Sous le cadran, l'aiguille des minutes frôle le trois. Le pont est toujours vide. Les secondes s'égrènent et j'attends. Un signal, quelque chose qui me dise que ça y est, ça a commencé. Une explosion peut être, ou des tirs, ou encore le bruit de bottes cloutées au pas de course sur les pavés. Des bottes nombreuses qui frappent durement le sol en courant vers moi. Et puis des cris aussi, en allemand, des ordres sans doute. Une nouvelle fois je me retourne vers le pont et le moulin immobiles. Je ne regarde plus ma montre aux aiguilles figées. Je dirige mes yeux vers les premières maisons d'où je m'attends à voir débouler des soldats d'une seconde à l'autre, et je pars.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Je saute par dessus les sacs de sable toujours cramponné à mon fusil et me mets à courir le plus vite possible. Je n'ai jamais couru aussi vite et pourtant j'accélère encore. Le pont est plus long qu'hier soir, il s'allonge à chaque foulée. Je dois être à mi-chemin quand les cris redoublent derrière moi. Il y a un premier coup de feu, puis d'autres. Quelque chose ricoche sur une poutrelle métallique au dessus de moi. J'accélère un peu plus quitte à m’en faire péter le coeur. Il doit rester vingt mètres, peut être trente avant le moulin. Quelque chose sort de ma bouche. Un son, un cri, les seuls mots que je connaisse encore.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;- LES BOCHES ! ! ! LES BOCHES ! ! !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;Dix mètres, cinq, je suis presque à la porte. Une balle s'écrase sur le muret, je ne me retourne pas. Ma main saisit la poignée métallique tandis qu'une nouvelle détonation fait voler une planche en éclats. J'enfonce littéralement la porte et plonge dans la pièce. Mes yeux prennent quelques secondes pour s’accoutumer à la pénombre. J'arrête de hurler. Au fond de la pièce, la cheminée est éteinte. Plus de flammes, ni de braises, ni de fumée. Le râtelier à fusils est vide. Les paquetages ont disparu aussi. Et dans l'angle, là où étaient rangées les précieuses bicyclettes, il n'en reste qu'une, la mienne. Je reste incrédule, bouche bée. A l'extérieur les coups de feu ne s'arrêtent pas, il y a des cris, quelqu'un qui hurle un ordre puis un grand silence. Sur ma droite, une vitre vole en éclats. La grenade atterrit presque à mes pieds. Je n’essaie pas de fuir, il est trop tard.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div lang="fr-FR" style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; text-indent: 1.25cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; page-break-before: always; text-indent: 1.25cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm; page-break-before: always; text-indent: 1.25cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/891173348695324125-1160795913554609622?l=unpeudelecture.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://unpeudelecture.blogspot.com/feeds/1160795913554609622/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=891173348695324125&amp;postID=1160795913554609622' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/891173348695324125/posts/default/1160795913554609622'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/891173348695324125/posts/default/1160795913554609622'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://unpeudelecture.blogspot.com/2009/11/en-attendant-la-releve.html' title='En attendant la relève'/><author><name>Solcain Kappler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-891173348695324125.post-4679262828510817667</id><published>2009-08-01T10:06:00.000-04:00</published><updated>2009-11-07T10:29:31.431-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographique'/><title type='text'>Et deux plus un qui font trois</title><content type='html'>&lt;style type="text/css"&gt; &lt;!--  @page { size: 13.97cm 21.59cm; margin-right: 1.5cm; margin-top: 1.27cm; margin-bottom: 1.27cm }  P { margin-bottom: 0.21cm } --&gt; &lt;/style&gt; &lt;br /&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Nous étions tous les trois dans le salon, assis sur les deux canapés se faisant face à face. Cannelle et Aurore occupaient l’un, moi l’autre.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Personne ne disait mot. Il y avait un peu de gêne. Pas un malaise, plutôt de la timidité. Les sourires et les regards échangés étaient à la fois complices et embarrassés. Ce que nous allions faire, nous en avions déjà souvent parlé. Il avait fallu du temps pour que tous soient prêts, que chacun soit suffisamment confiant pour ne plus craindre l’&amp;nbsp;«&amp;nbsp;après&amp;nbsp;». Mais qu’il était difficile à franchir ce dernier pas, limite entre théorie et pratique!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Finalement, c’est Aurore qui se montra la plus courageuse – ou la plus motivée. Elle se tourna vers Cannelle et approcha ses lèvres de son oreille, lui murmurant quelque chose que je n’entendis pas.  Sans doute une incantation secrète interdite aux males. Elle ressemblait à ces bergers qui calment un animal effrayé en lui parlant tout bas. Bon, Cannelle n’avait rien d’un animal effrayé, mais les incantations s’avéraient efficaces&amp;nbsp;: elle était visiblement plus détendue, un sourire amusé au coin des lèvres.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Sous l’effet des formules magiques de la shamane la tension perceptible quelques instants plus tôt s’était dissoute. Il ne restait plus que deux filles complices en train de rire bas en s’échangeant des secrets dont j’étais exclu. C’était un bon départ. Très bon. Tellement bon même que j’en arrivai à me demander si c’était vraiment la première fois pour Aurore. Elle continuait de murmurer à l’oreille de Cannelle, provoquant de petits rires. Ça aurait pris l’air d’une soirée pyjama entre lycéennes s’il n’y avait eu ces lèvres se rapprochant du visage de Cannelle, effleurant imperceptiblement son oreille, déposant un baiser furtif sur sa joue, un autre un peu plus appuyé dans son cou. Cannelle semblait ne s’apercevoir de rien. Elle avait fermé les yeux et écoutait, laissant s’échapper de temps à autre un éclat de rire. Mais petit à petit, une nouvelle tension prenait forme, sans rien de commun avec celle initiale. C’était une tension électrique, érotique ; un courant circulait entre les deux corps, renforcé par chaque baiser d’Aurore.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Cannelle gardait les yeux clos. Ses bras le long du corps ne bougeaient plus. La respiration un peu plus rapide que d’habitude, elle se laissait faire.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Aurore s’était tue. Ses baisers se faisaient  aventureux, se rapprochant lentement de la bouche. Un premier aboutit sur le coin des lèvres, un autre pile  dessus. Tête blonde contre tête brune. Aurore répétait ses baisers sur des lèvres un peu crispées. Patiente, elle ne voulait pas forcer les choses et attendait une réponse à son appel. Quelques secondes de plus et elle arrivait à ses fins. Cannelle ouvrit ses lèvres, offrant un passage à la langue audacieuse.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;C’en était fini de la passivité de Cannelle. En répondant aux baisers d’Aurore, tout son corps s’était animé. Sa main s’était détachée du canapé et glissée dans les cheveux blonds, collant un peu plus  leurs visages l’un contre l’autre. Dans un assaut retenu jusqu’à présent, sa langue était partie à la rencontre de celle d’Aurore.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Des deux gorges montèrent des gémissements simultanés. Mon pantalon me fit brutalement l’impression d’être deux tailles trop petit.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;S’il restait un peu de gêne, ce baiser profond y avait mis un terme magistral. Les deux corps allaient maintenant l’un vers l’autre, s’appelant au travers des vêtements. Cannelle caressait les cheveux d’Aurore tout en l’embrassant et en l’attirant un peu plus près d’elle. Aurore répondait avec autant de vigueur et d’enthousiasme. Les langues se touchaient, se mêlaient, se découvraient.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Aurore changea de position afin de libérer une de ses mains qu’elle posa sur le ventre de Cannelle. Ses doigts se glissèrent entre deux boutons du chemisier afin de caresser la peau nue dessous. La main remonta le long de la bordure. Du dos, elle effleura un des seins, se retourna et le saisit dans toute sa rondeur, le massant doucement. Cannelle se raidit une fraction de seconde, puis se détendit à nouveau. Son souffle devint un peu plus rapide. Mettant fin au baiser, elle bascula la tête en arrière et l’appuya sur le rebord du canapé, le visage tourné vers un ciel imaginaire. Les lèvres de Aurore entamèrent alors une lente descente, suivant le dessin de la joue de Cannelle en remontant jusqu’à l’oreille. Elles longèrent la ligne de la mâchoire avant de parcourir le cou jusqu’ à la naissance des seins. Elles s’attardèrent là pour embrasser chaque morceau de peau accessible, dessinant des arabesques du bout de la langue. Libérant ses deux mains, Aurore entreprit de dégrafer le chemisier. Un, deux, trois, quatre, cinq, les boutons n’avaient pas résisté, les pans du chemisier s’étaient entrouverts pour dévoiler un soutien-gorge en dentelle blanche. Les tétons se laissaient deviner. Aurore arrêta ses baisers un instant afin de profiter du spectacle. Elle s’immobilisa deux secondes, comme pour graver cette image dans sa mémoire, puis se saisit des seins à pleines mains. La tête toujours basculée en arrière, Cannelle poussa un soupir de plaisir.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Gêne et retenue initiales avaient fait place à de la fébrilité. Tandis que la blonde s’empressait de découvrir le corps inconnu, la brune attendait avec impatience des caresses plus profondes. La respiration de Cannelle se faisait plus rapide. Quand Aurore dégrafa son soutien-gorge et libéra ses seins pour s’emparer d’un téton à pleine bouche, Cannelle se mit à haleter. Son bassin, soudain animé d’une vie propre, amorça de lents allers-retours. Ses cuisses s’étaient écartées, faisant remonter sa jupe en jean. Quand Aurore glissa sa main entre les cuisses ouvertes pour les remonter et se glisser sous le collant puis sous la culotte, le tambour qui battait la chamade dans mon caleçon s’arrêta brusquement. Ma queue était tendue à son maximum, butant contre le tissu de mon jean, à en être douloureuse presque.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Au moment où la main d’Aurore s’était aventurée contre son sexe, Cannelle s’était une nouvelle fois figée, le bassin collé contre l’intrus, le souffle bloqué, la bouche entrouverte. Ses yeux étaient toujours clos mais plissés dans une expression de plaisir intense. Ce visage, c’était celui d’une jouissance imminente. Sous la jupe, je devinais les doigts d’Aurore qui s’étaient arrêtés de bouger dans la fente humide afin de retarder l’orgasme et prolonger le plaisir. Cannelle reprit lentement sa respiration tandis qu’Aurore lui mordillait le bout des seins et que sa main recommençait à la caresser. A l’instar de celui de Cannelle, mon bassin avait fait sécession et de petits mouvements de va et vient incontrôlables l’agitaient.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Faisant une pause dans ses caresses, Aurore s’agenouilla au pied du canapé, entre les cuisses de Cannelle, le visage tourné vers elle. Des deux mains elle remonta sur les hanches la jupe en jean, puis attrapa collant et culotte ensemble pour les faire glisser le long des jambes et les jeter à l’autre bout de la pièce. Le sexe humide surmonté d’un triangle de poils noirs apparut. Aurore saisit les deux cuisses et attira Cannelle à elle, l’installant dans une position plus confortable pour elle. Vautrée dans le canapé, le cul juste à la bordure, les genoux remontés au niveau de ses épaules, Cannelle exhibait et sa chatte et son cul, sans retenue, dans une position d’attente. Sa respiration n’était plus qu’un long soupir de plaisir et d’impatience.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Aurore contempla le sexe offert quelques secondes, puis sans hésiter en approcha ses lèvres, glissant sa langue aussi profond qu’elle le pouvait. Ce fut pour moi l’occasion d’une découverte&amp;nbsp;: en fait, ma queue n’était pas à son maximum! Toujours enfermée dans mon pantalon, elle bondit un peu plus, prête à faire exploser ma braguette.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;A deux mains, Cannelle s’était emparée de la tête blonde et la collait contre son sexe. De longs râles vibrants sortaient de sa bouche. Rester assis sur ce canapé avec cette scène sous les yeux relevait de la torture. Aurore s’était mise à quatre pattes pour plus de confort et son petit cul dressé vers moi m’obsédait.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;A travers le jean, je n’avais pas de mal à deviner la chatte blonde (que j’espérais humide), surmontée d’une petite étoile rosée. Ce trou du cul m’obnubilait.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Quand Aurore et moi étions ensemble, j’avais timidement évoqué la sodomie à une ou deux reprises. Je n’avais pas parlé de l’enculer, grands dieux, non! Quel acte horrible! Juste de la sodomiser. Gentiment, proprement, élégamment presque. Avec beaucoup d’amour bien sur, des pétales de rose sur le lit et des mots doux tout du long.  Elle n’avait pas réagi comme je l’espérais. Quelques temps auparavant, à l’évocation anodine des sexes épilés, elle avait répondu que ce type de phantasme était typique des pédophiles. J’étais totalement d’accord avec elle! Concernant la sodomie, il était bien évident que ce penchant ne pouvait être que la preuve d’une homosexualité refoulée. Ça tombait bien, parce que je disais ça comme ça. La sodomie, c’était une suggestion pour lui faire plaisir à elle, pour varier un peu nos habitudes. Donc, si ça ne l’intéressait pas, tant mieux, on était sur la même longueur d’onde. Enfin, presque…&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Du temps avait passé depuis, et voilà que revenait me hanter ce cul, fièrement mis en valeur par les reins cambrés, me fixant d’un air narquois avec cet oeil unique que je devinais caché derrière le pantalon.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;C’était trop, beaucoup trop pour pouvoir résister plus longtemps. Abandonnant mon canapé, je m’agenouillais derrière Aurore. Saisissant le bord de son t-shirt, je le fis remonter le long de son dos afin de dévoiler ses reins. J’y déposais des baisers appuyés. Cannelle gémissait toujours agrippée à la tête blonde et ne semblait plus être avec nous, Aurore ne réagit pas à mes caresses et continua ses travaux de langue avec application. Je glissai mes mains sous son ventre et remontais sous son t-shirt jusqu’à sa poitrine. Elle ne portait pas de soutien-gorge, ses seins vinrent tout naturellement se poser dans mes mains.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Avec les années, ma mémoire avait peu à peu oublié le corps d’Aurore, mais mon corps non. La forme de ses seins, leur douceur, les tétons qui venaient gonfler et frotter contre mes paumes, il me semblait que c’était hier que je les avais quittés. Elle était toujours à quatre pattes, j’en profitais pour me coller derrière, frottant mon sexe contre son cul au travers des vêtements. Je ne lâchais pas ses seins pour autant, et continuer à embrasser son dos. Entre deux coups de langue, Aurore commençait à pousser de petits gémissements.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;La machine était lancée, il était hors de question de l’arrêter ; il n’y avait de toute façon aucune raison de l’arrêter. Délaissant les seins, je laissais mes mains descendre jusqu’aux boutons du pantalon. Fébrile, il me fallut plusieurs tentatives pour arriver à les déboutonner tous. Je voulais revoir ce cul, vite!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Attrapant jean et string, je les fis glisser le long de ses cuisses. Arrivés aux genoux, Aurore m’aida en s’appuyant sur la pointe des pieds afin de relever ses genoux, me mettant sous le nez ce que je voulais tellement voir et rendant désormais inutile tout effort d’imagination.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Mille souvenirs, mille désirs retenus jaillirent de ma mémoire. Je sentais presque mon corps trembler, une vibration rayonnant depuis ma queue jusqu’à mon ventre. Ce cul offert, j’en avais besoin, il me le fallait!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Avec précaution, je déposai un baiser sur chacune des fesses tendues. Je les répétais, insistant un peu, les appuyant davantage. Ma langue amorça une balade nonchalante, guidant son trajet sur l’étoile centrale. A l’affût, je guettai la moindre crispation qui m’inciterait à retarder la prise de l’objectif.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Mais rien de tel. Au contraire, il me semblait que Aurore se cambrait un peu plus, m’offrant ainsi un meilleur accès. J’hésitai encore un peu, redoutant de mettre brutalement un terme à ce moment. Puis, je me lançai. Du bout de la langue, j’effleurai le petit trou. Un frisson parcourut Aurore et elle laissa s’échapper un gémissement plus fort.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Autre coup de langue, même frisson, nouveau gémissement. Je m’enhardissais. De la pointe de la langue, je caressais les abords du petit trou, formant des cercles concentriques qui doucement me rapprochaient du centre. Les gémissements d’Aurore se faisaient plus fréquents, plus longs, plus profonds.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Ma langue devenait plus audacieuse. J’en enfonçai la pointe dans son cul jusqu’à sentir les muscles se contracter autour, la retirai légèrement, puis revenait à la charge pour m’enfoncer un peu plus loin. Aurore gémissait mais n’arrêtait pas de lécher Cannelle. Son corps tendu était cambré au maximum et son cul venait à la rencontre de ma langue dans l’espoir d’être pénétré plus profondément. D’une minute à l’autre, les coutures de mon jean allaient exploser. Elles ne pouvaient avoir été conçues pour résister à autant de pression!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;La situation devenait intolérable. Il fallait non pas que je la «&amp;nbsp;sodomise&amp;nbsp;», mais que je l’encule. La sodomie, c’était la froideur d’un acte médical, l’enculage c’était la libération des pulsions animales. Mais quel que soit le point de vue, il aurait été maladroit de la prendre aussi sèchement.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Tout en la baisant du bout de la langue, je tâtonnais sous le canapé à la recherche de mes jouets. Je trouvais ceux qui m’intéressaient, un tube de gel "magique" et Satanas, un petit god anal rose en latex souvenir d’un voyage à Amsterdam. Je l’enduisis d’une couche de gel et, après avoir retiré ma langue, l’approchai du cul d’Aurore. A son contact, elle arrêta de bouger une seconde, puis entama des mouvements de bassin, afin d’aider le god à se faire une place. Satanas y réussissait d’ailleurs plutôt bien, aidé par les mouvements d’Aurore et par moi. Je répétais le va et vient en insistant à chaque pression pour qu’il s’enfonce un peu plus. Après quelques instants, le cul d’Aurore l’avala jusqu’à sa base. Je le retenais d’une main tandis qu’Aurore continuait d’aller et venir à sa rencontre, le faisant ressortir puis entrer un peu plus loin. De mon autre main, j’avais enfin libéré le prisonnier de mon caleçon. Pour le féliciter de sa patience, je l’avais massé et enduit de gel. Si Cannelle ou Aurore m’avaient effleuré à cet instant, j’aurais explosé. Mais je voulais me retenir, j’étais trop prêt du but pour me laisser aller maintenant.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Je retirai Satanas. Le trou du cul d’Aurore était un peu ouvert, détendu, prêt à me recevoir. Saisissant la base de ma queue, j’en pressais contre l’orifice, forçant doucement le passage. Aurore poussa un râle à mi chemin entre douleur et plaisir. Je prêtais plus d’attention à la partie plaisir.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;J’allais et venais lentement, m’enfonçant un peu plus à chaque mouvement. C’était chaud, c’était étroit, c’était aussi bon que je l’avais espéré.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Quelque chose venait de cogner contre mes couilles&amp;nbsp;: la main d’Aurore. Elle avait commencé à se caresser et les mouvements de ses doigts se faisaient de plus en plus rapides sur sa chatte.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;En plus, elle jouait avec son anus, tour à tour le décontractant, puis le contractant le plus fort possible autour de ma queue, provoquant des sursauts de plaisir dans tout mon corps. Je n’allais pas résister longtemps dans ces conditions. Vraiment pas.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Ça tombait bien, Cannelle donna le feu vert.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle avait toujours les paupières closes et la tête basculée sur le rebord du canapé quand soudain elle se redressa. Entrouvrant les yeux, elle me fixa. Son regard était vague, perdu, cherchait le mien sans arriver à le trouver. Elle allait jouir, je le savais. Tout son corps se crispa, elle saisit un peu plus fort la tête d’Aurore entre ses jambes et la colla contre son sexe. Tandis que de sa bouche sortait un long râle allant crescendo, le cul d’Aurore se contractait autour de ma queue. Elle ne bougeait plus à l’exception peut être de sa langue sur le sexe de Cannelle et de sa main qui allait incroyablement vite sur le sien. Un tremblement se mit à l’agiter et un long cri sortit de sa bouche. Toutes deux jouissaient en même temps sous mes yeux. C’en était trop, tout simplement. Je me collai contre Aurore et sentis ma conscience s’échapper. A travers elle, c’était Cannelle que je baisais. Le temps s’arrêta, l’espace se contracta, et le monde disparut.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Pas longtemps.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;On n’échappe pas si facilement aux lois de la gravité.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Les corps retombèrent. Sur le canapé, à terre. Vidés de toute énergie, satisfaits, apaisés. Il n’y avait plus de mots pour décrire ce qui s’était passé, plus qu’un souvenir gravé sur nos visages et qui s’estompait doucement.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/891173348695324125-4679262828510817667?l=unpeudelecture.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://unpeudelecture.blogspot.com/feeds/4679262828510817667/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=891173348695324125&amp;postID=4679262828510817667' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/891173348695324125/posts/default/4679262828510817667'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/891173348695324125/posts/default/4679262828510817667'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://unpeudelecture.blogspot.com/2009/11/et-deux-plus-un-qui-font-trois.html' title='Et deux plus un qui font trois'/><author><name>Solcain Kappler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-891173348695324125.post-191672086384104915</id><published>2009-07-01T10:04:00.000-04:00</published><updated>2009-11-07T10:29:57.480-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='pornographique'/><title type='text'>Emporium</title><content type='html'>&lt;style type="text/css"&gt; &lt;!--  @page { size: 13.97cm 21.59cm; margin-right: 1.5cm; margin-top: 1.5cm; margin-bottom: 1.27cm }  P { margin-bottom: 0.21cm } --&gt; &lt;/style&gt; &lt;br /&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Les basses remplissaient la salle. A chaque pulsation des caissons, une vibration s’étendait du sol au plafond, pénétrant au plus profond des corps. Les sons électroniques faisaient bouger une dizaine de danseurs au milieu de la piste. Vingt ou trente personnes étaient éparpillées sur les fauteuils et canapés disponibles un peu partout. La plupart discutaient, quelques couples s’embrassaient discrètement. Beaucoup étaient jeunes, entre vingt et trente. N’aurait été le petit panneau à l’entrée qui annonçait «&amp;nbsp;E M P O R I U M, Club Echangiste&amp;nbsp;», on aurait pu se croire dans n’importe quelle boite de nuit de l’hexagone. Pas de pervers dégoulinant de bave cachés dans les coins, pas de gang bang au milieu de la piste, simplement des gens en train de s’amuser. La plupart banals, quelques uns plutôt mignons.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle était venue seule. Pénétrer dans un de ces endroits à la réputation sulfureuse était un fantasme de longue date, mais sa réalisation était loin d'être évidente. A plusieurs reprises déjà, elle s'était avancée jusqu'à l'entrée, tournant les talons à la dernière minute. C’était la première fois qu'elle dépassait cette limite, mais elle doutait fortement d'aller plus loin aujourd'hui.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle n'avait jamais été très à l'aise sur les pistes de danse, et encore moins sur ces musiques électroniques où danser était synonyme de contorsions frénétiques. La piste serait donc soigneusement évitée. Il y avait les fauteuils sinon. Mais elle ne pouvait pas s'asseoir aux cotés d'un groupe ni choisir un canapé vide sans risquer de s'exposer à des dragueurs non sollicités. Le bar restait la seule solution envisageable. Elle repéra un tabouret libre entre deux couples occupés à discuter et s’y installa. Aucun gros lourd ne s’installerait à côté pour l'instant, et elle pourrait tranquillement jeter un œil tout en sirotant un Bailey.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Quelques nouveaux arrivants avaient pris place sur les fauteuils et banquettes. Sur la piste, le même groupe de danseurs continuait à s'agiter au rythme des basses. Rien ne semblait avoir changé, pourtant l'ambiance était devenue électrique. À quelques mètres d'elle, sur un canapé, un couple qui s'embrassait déjà à son arrivée semblait avoir oublié la présence des gens autour. Leurs baisers s'étaient faits plus appuyés, plus engagés. D'où elle était, elle voyait les langues emmêlées à chaque éclair du stroboscope. Le garçon avait déboutonné le chemisier de sa copine et en avait sorti un sein jeune, ferme, beau, qu'il caressait avec application. La fille avait glissé une main dans le pantalon de son copain et on en devinait les mouvements sous le tissu.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle sentit une boule chaude se former dans son ventre. Elle avait déjà vu un nombre conséquent de films pornos, était familière des variations de scénarios proposées par cette branche du septième art, mais n'avait jamais vu jusqu'à présent de couple en train de faire l'amour sous ses yeux ou même seulement de se peloter de façon aussi visible que ces deux là. Elle détourna les yeux rapidement, un peu embarrassée de fixer les deux partenaires de façon si flagrante. Mais tout autour d'elle, les regards étaient braqués sur le couple et aucune gêne n’était perceptible. Les gens observaient, dévisageaient, scrutaient sans se dissimuler une seconde. Ils étaient là pour ça. Et elle aussi. Elle dirigea à nouveau son regard sur les deux.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;La situation avait évoluée. Le chemisier était maintenant largement ouvert, laissant clairement apparaître les seins et leurs tétons pointés. La jupe était remontée sur le haut des cuisses. Les mouvements de la main du garçon, posée sur le sexe offert, ne laissaient planer aucun doute sur son activité. De son côté, la fille avait sorti la queue du garçon et le branlait vigoureusement. Les deux s'embrassaient toujours à pleine boucle. C'était fascinant.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;- «&amp;nbsp;Salut, je m'appelle Thomas&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Il lui fallut quelques secondes pour réaliser que c'est à elle qu'on s'adressait. À sa gauche, le couple s'était silencieusement volatilisé. À la place, il y avait un garçon de vingt-cinq ans peut être, plutôt mignon, très soigné, vêtu d'une chemise près du corps et d'un jean assez moulant. Elle hésita une seconde. Elle voulait juste jeter un coup d'oeil, satisfaire sa curiosité et n'avait jamais envisagé d’aller plus loin. Il lui avait été difficile de franchir la porte et elle ne se sentait absolument pas capable de faire plus que siroter un verre au bar en jetant un œil aux alentours. D'un autre côté, il n'avait pas l'air bien méchant, au contraire. Et échanger quelques mots n'engageait à rien.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Salut, je suis Manon&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Enchanté Manon., ça te dirait un gang bang avec fist et douche dorée pour finir ?&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle resta bouche bée.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Il partit d'un grand éclat de rire&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Je plaisante! Tu as l'air nouvelle ici, et je ne prends pas trop de risque en affirmant que c'est la première fois que tu viens dans ce genre de club ?&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle se sentit un peu bête d'avoir pris la proposition au premier degré. Il devait être évident qu'elle était un peu paumée ici.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Non, enfin, bon,... Si en fait&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Et ça ne correspond pas exactement à l'image que tu t'en faisais, non ?&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Effectivement&amp;nbsp;…»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Les gens ont toujours tendance à s'imaginer des trucs hallucinants, ça doit être à cause des films de cul. En fait, La plupart des gens ici sont là pour mater. Sur les banquettes, c'est un peu plus chaud que dans une boîte normale, et dans les toilettes tu peux surprendre une pipe, mais ça va rarement plus Loin. Remarque, ça me convient, les trucs trash, c’est vraiment pas mon truc.&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle sourit. Il était marrant, un peu maladroit.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Et tu es un habitué toi ?&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Non pas vraiment. Je viens de temps en temps, mais plus pour la musique. La techno n'a plus trop la cote ces temps-ci, la plupart des clubs se mettent au R'n'b ou au rap. Quand on veut sortir avec les copains, on a plus beaucoup de choix.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;J'en déduis que tu n'es pas venu seul ?&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Oh, non. On est deux. Je suis venu avec un pote, Eric, mais il est toujours en train de danser, c'est le grand avec les cheveux blonds, juste à coté du pilier&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Il désignait un grand gars, un peu voûté, avec une chemise largement ouverte, le front ruisselant de sueur, en train de s'agiter frénétiquement au milieu de la piste. Alors que l'attention de Manon se portait sur le danseur, Thomas glissa un regard furtif dans son décolleté. Pas très généreux, mais intéressant quand même. Il se reprit rapidement et poursuivit la conversation.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Et toi, qu'est ce que tu fais là ?&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;La question surprit Manon. Elle se sentit rougir et remercia intérieurement la semi obscurité du club. Quelle conne ! Il était évident qu’il allait lui poser cette question et elle n'avait pas préparé de réponse. Et qu'est ce qu'elle allait lui répondre? "Et bien, il y a longtemps que je n'ai pas baisé, ce soir je me suis dit&amp;nbsp;: pourquoi pas une partouze ? Ça te tente ? ". Alors ça, ce serait une super idée !!! Thomas la devança :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Laisse moi deviner : c'est ton copain qui voulait venir, il a proposé que vous vous retrouviez à l'intérieur, et là il doit être en train de se marrer en se demandant comment tu gères la situation ?&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Manon hésita une seconde. C'était un bon mensonge, plausible, et il le lui servait sur un plateau.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Euh, et bien en fait, c'est presque ça. Il y a longtemps que mon copain me tanne pour qu'on essaie un club. J'ai accepté, mais juste pour voir. On devait se retrouver à l'entrée à onze heure, mais il est bloqué au boulot et doit arriver un peu plus tard. Plutôt que de rester dehors à me cailler, j'ai préféré venir prendre un verre au chaud en l'attendant. Mais comment tu as deviné ?&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Oh ? Ça se voit. Tu n'as pas une tête de célibataire. Et puis je discute régulièrement avec des filles ici qui ne sont là que par curiosité ou pour faire plaisir à leur mec.&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Ironique, elle releva :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Ah, tu... «&amp;nbsp;discutes&amp;nbsp;»...&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Oui, bien sur. Toujours, avant de les enculer sauvagement!&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Il lui avait répondu en utilisant le même ton ironique, mais elle ne put s'empêcher de se demander s’il n’y avait pas un soupçon de vérité dans ses propos. Elle hésita une seconde, scruta son regard pour discerner le vrai du faux, puis partit d'un éclat de rire. Quoi qu'il en soit, il était marrant.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Le barman les interrompit. Sans un mot, il déposa une bouteille de Johnny Walker sur le comptoir et repartit servir d'autres clients. Sur l’étiquette de la bouteille était inscrit au marqueur noir «&amp;nbsp;T. Sovereen&amp;nbsp;».&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Manon remarqua de manière enjouée:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Tu viens de temps en temps, et tu as une bouteille à ton nom et un barman qui te connaît?&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Thomas rigola en servant deux verres.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Tu marques un point, je viens peut être un peu plus souvent que ça. Santé !&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Ils trinquèrent et avalèrent leurs verres cul sec. L’alcool réchauffa la gorge de Manon. C'était bon, elle riait. Son verre était à nouveau plein. Thomas était amusant. Il parlait de tout, de rien, beaucoup. Il enchaînait actualité internationale, écologie, cinéma, cul, sans retenue, posait beaucoup de questions, buvait beaucoup. Il la regardait avec intensité mais sans la mettre mal à l'aise. Ils flirtaient gentiment tous les deux, s'envoyant des oeillades à la manière de deux collégiens. Manon s’amusait bien. Le temps passait vite. Elle décida que s'il lui donnait son numéro de téléphone, elle le rappellerait.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Vers deux heures du matin, un blanc dans l'enchaînement des disques la tira de la douce torpeur dans laquelle l'alcool l'avait plongée, Autour d'eux, l’ambiance avait changé. A quelques mètres, une fille à califourchon sur un homme faisait de rapides mouvements de bassin. Un peu plus loin, le couple du début était passé à la vitesse supérieure : elle était à quatre pattes sur une banquette, lui à genoux derrière elle. Manon ne voyait pas très bien, mais vue la position de son copain, il devait être en train de la sodomiser. Dans le même temps, la fille suçait avidement Eric, le copain de Thomas, qui semblait avoir finalement perdu tout intérêt pour la piste de danse et la musique techno. Des couples ou trios s'étaient formés un peu partout et baisaient sans retenue.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Face à ce spectacle, Manon dégrisa un peu.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Je croyais que c'était rarement plus chaud qu’en début de soirée ?&amp;nbsp;» lança-t-elle à l’attention de Thomas.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Thomas jeta un coup d'oeil à la salle et lui répondit :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Et bien, c'est vrai que ce soir c'est assez exceptionnel. Je n'ai jamais vu ça avant!&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Il mentait, Manon le savait. Elle tâtonna sous son tabouret à la recherche de son sac avant d’ajouter&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Il se fait tard je vais y aller&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Tu n'attends pas ton copain ?&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle l'avait oublié celui là !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Ah, lui ? Son boss a du l’enchaîner à son ordinateur. A tous les coups, il ne veut pas le laisser partir avant qu’il ait fini son projet.  C'est fréquent.&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Alors qu'elle faisait mine de se lever, Thomas l'attrapa par le poignet, il la fixait intensément :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Écoute,… Enfin, je ne sais pas… Je veux dire… Tu as l'air vraiment bien, je passe une bonne soirée avec toi, tu ne pourrais pas rester encore un peu ?&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Tout en parlant, il s'était levé et rapproché d'elle. Il lui tenait toujours le poignet, mais sans forcer. Son autre main s'était posée sur sa hanche. Manon se sentait un peu vaporeuses, la tête lui tournait légèrement à cause de l'alcool, elle sentait son parfum et sa respiration marquée par | 'al cool. Il s'était tu, elle était captivée par son regard. Quand il se pencha pour l'embrasser, elle ferma les yeux et se laissa faire.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Ce fut un long baiser, très charnel. Leurs deux langues étaient venues à la rencontre l'une de l'autre et s'étaient rejointes dans une caresse humide. Il collait son visage contre le sien afin que sa langue aille plus loin et prenne possession de sa bouche. Il collait son ventre contre le sien afin qu'elle sente sa queue brandie.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Manon sentit une brusque décharge d'humidité entre ses caisses. Sa volonté lui échappait. Quand Thomas la prit par la main pour l'attirer sur une des banquettes, elle se laissa faire. Elle avait envie d'être caressée, pelotée, désirée. Il la coucha presque sur la banquette et s'assit à côté d'elle, l'embrassant à nouveau à pleine boucle avant de descendre le long de son cou, jusqu' à la naissance de ses seins, puis de remonter lui mordiller le lobe de l'oreille. Ses mains s'étaient faites voraces. A travers le tissu, Manon les sentait sur ses cuisses, sur son ventre, ses seins. Elle se laissait faire en souriant aux anges, c'était bon d'être caressée, tant pis pour la bienséance.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Lorsqu 'il entreprit de déboutonner son chemisier, un éclair de panique la parcourut. Elle se redressa brusquement sur la banquette, portant la main à son cou. Thomas la retint assise et la rassura d'une voix calme.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Du calme, tu vas voir, ça va être super&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle croisa son regard, jeta un oeil rapide aux couples affairés à forniquer qui ne leur prêtaient aucune attention, et abandonna. Merde, elle sentait dans son ventre un véritable incendie, c'était l'occasion de l'éteindre. Elle reposa ses mains sur le canapé et ferma les yeux.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Les boutons du chemisier cédèrent un à un. Dans son dos, une main experte dégrafa son soutien-gorge au premier essai, puis libéra ses seins. Elle prit la tête de Thomas à deux mains et la colla contre son visage pour l'embrasser à pleine bouche.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Dans sa poitrine son cœur s’affolait alors qu’une vague de chaleur la submergeait. Sa conscience était à la dérive, elle voulait juste du cul, là, maintenant, tout de suite. Se saisissant de la main de Thomas, elle la colla entre ses cuisses pour qu’à travers le tissu il sente son envie. Il réagit tout de suite, ses doigts s'emparant des boutons du pantalon pour les défaire fébrilement. Un, deux, trois, quatre, tous avaient cédé et les doigts assaillaient la ceinture défaite, se glissaient sous l'élastique de la culotte. Ils se précipitaient à travers les poils, sans considération, sans délicatesse, sans préparation. Ils assaillirent la fente, la pénétrant pour en éprouver l'humidité, l'écartant pour la préparer, amorçant un va et vient entre l'humidité profonde et le petit bouton gonflé en surface.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle avait le souffle court, les yeux fermés, et ne pouvait retenir ses gémissements quand il caressait son clitoris. Il n'était plus question de pudeur, de retenue, de convenance maintenant, mais juste de jouissance. Elle sentait son sexe mouillé comme il ne l'avait jamais été, et elle voulait une conclusion à la hauteur de ces prémisses.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle stoppa Thomas dans ses caresses, fit glisser le pantalon qu'elle avait toujours sur les jambes, et avec une autorité dont elle ne se serait pas cru capable lui ordonna:&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Lèche moi !&amp;nbsp;»&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;«&amp;nbsp;Avec plaisir, ma reine&amp;nbsp;» répondit-il avec un air narquois.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;La seconde d'après, elle sentait une langue se promener entre ses lèvres, remplaçant les doigts qui y jouaient un instant plus tôt. Elle remonta ses genoux contre sa poitrine. D’un mouvement sec Thomas l'attira un peu plus près du bord de la banquette.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle était à demi nue dans un bar rempli d'inconnus.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;L'un d'eux lui léchait la chatte.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Et les choses s'accéléraient encore…&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle était presque couchée sur cette banquette maintenant, le cul près de la bordure, les jambes pliées et collées contre sa poitrine, écartées pour que Thomas puisse mieux la caresser. Elle ne sentait plus que cette langue qui allait et venait sur son sexe, se faisant dure pour la pénétrer comme une queue, avant de redevenir douce pour la lécher. Un frisson électrique la parcourrait quand cette langue délaissait brèvement son sexe pour frôler son trou du cul, s'y insinuer furtivement. De tout son ventre montaient des pulsations qui s'accéléraient et la rapprochaient chaque fois un peu plus de 1'orgasme. Thomas devait utiliser ses doigts en plus de sa langue, car à aucun moment son clitoris ne cessait d'être branlé. Elle se sentait partir.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Et puis tout s'arrêta.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Plus de va et vient humide entre les cuisses, plus de caresse sur son clitoris. Elle ouvrit les yeux à moitié. La silhouette de Thomas ne se dessinait plus entre ses jambes. Il était à coté d'elle, sur la banquette, agenouillé à dix centimètres de son visage.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;De lui elle ne voyait en fait que les mains, occupées à défaire sa ceinture, puis déboutonner son jean et faire glisser la fermeture éclair. Une seconde elle aperçoit un caleçon blanc, du genre boxer Calvin Klein. L'instant d'après une queue est brandie à quelques millimètres de sa bouche. Son sexe réclamait ce que cette queue pouvait lui offrir. Elle la prit dans sa bouche, jusqu'au bout, la sentant buter contre son palais, se frotter contre sa langue.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;De plus haut lui parvenait un grognement de plaisir. C'était bon, ce sexe dans sa bouche. Elle voulait le garder là, au chaud, en explorer les contours et en apprécier la douceur. Mais dans le même temps, elle la voulait dans son sexe, collée au fond. Il fallait faire un choix, elle la garda dans sa bouche et se résigna à utiliser sa main pour franchir les derniers pas la séparant de ce qui lui avait été promis.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Ses doigts n'avaient pas amorcé leur mouvement qu'une caresse maintenant familière se faisait à nouveau sentir entre ses cuisses. Elle entrouvrit les yeux. Entre ses cuisses, la tête de Thomas apparaissait, collée à son sexe, la léchant avec application. Son cerveau embrumé eut un sursaut : comment pouvait elle avoir la queue de Thomas dans sa bouche alors qu' il était à genoux en train de lui lécher la Chatte ? Après tout, pourquoi pas…&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Sous ces doubles caresses, elle se sentait basculer. Elle n'était plus qu'une seule terminaison nerveuse excitée. Il n'y avait plus rien autour d'elle, plus rien autour de cette queue et de cette langue. Quand quatre bras la saisirent pour la retourner et la mettre à quatre pattes, elle ne s'arrêta même pas de sucer. La queue s'était faite plus dure dans sa boucle et coulissait plus vite. La langue, elle, se faisait distraite. Elle oubliait son sexe de plus en plus fréquemment pour s'attarder sur son trou du cul qu'elle léchait, explorait, pénétrait. Manon avait beau se cambrer pour offrir un peu plus son sexe, cette langue n'en avait plus que pour son petit trou. C'était intolérable. Elle était à deux doigts de jouir, et voilà qu'on le lui refusait une nouvelle fois. Ces deux doigts manquant, elle allait les compléter.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;De la main droite, Manon agrippa son sexe, en éprouva la chaleur, la douceur, l'humidité débordante. Mais très rapidement! Elle n'était pas là pour ça. Non, elle voulait en finir maintenant! Elle posa deux doigts sur son clitoris et une décharge électrique parcourut tout son corps, provoquant un long gémissement à peine étouffé par la queue dans sa bouche. Elle sentit ce sexe se tendre un peu plus et la langue dans son cul se faire plus intrusive. Ses doigts allaient et venaient à toute allure sur son sexe. Elle voulait jouir, elle était là pour ça. Il lui semblait que chacun de ses muscles était à la fois incroyablement détendu et crispé à bloc. Elle ne pouvait plus rien faire d'autre que bouger ses doigts le plus vite possible. La queue dans sa bouche semblait bouger en harmonie avec elle.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Quand une autre visiteuse glissante se colla conte ses fesses pour s'y faire une place, elle ne se crispa même pas. La langue l’avait bien préparée, et ce n’était pas la première fois qu’elle se faisait enculer. Mais cette fois, elle en avait envie. La queue s'enfonça en elle jusqu 'à la garde, sans presque lui faire mal. Elle vibrait de partout, ses doigts volaient sur son sexe.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Quand elle bascula, il n'y eut plus rien qu'un voile blanc s'abattant devant ses yeux et un gémissement rauque et profond emplissant tout l'espace. Dans sa bouche, une queue déversait des giclées de sperme, l’étouffant presque. Dans son cul, une autre faisait de même.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Elle s'effondra sur la banquette, le cul toujours dressé, un liquide gluant coulant de sa bouche.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Dans quelques instants, sa raison se manifesterait et elle aurait des remords pour ce qu’elle venait de faire. Elle partirait vite, fuyant les lieux.  &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="margin-bottom: 0cm;"&gt;Mais pour l’instant, il y avait juste cet apaisement intérieur, cette soif étanchée. La suite, elle aurait le temps d’y penser plus tard…&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/891173348695324125-191672086384104915?l=unpeudelecture.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://unpeudelecture.blogspot.com/feeds/191672086384104915/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=891173348695324125&amp;postID=191672086384104915' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/891173348695324125/posts/default/191672086384104915'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/891173348695324125/posts/default/191672086384104915'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://unpeudelecture.blogspot.com/2009/11/emporium.html' title='Emporium'/><author><name>Solcain Kappler</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
